Ce n'était pas de l'amour
de Betty Mannechez

critiqué par CHALOT, le 29 août 2022
(Vaux le Pénil - 76 ans)


La note:  étoiles
roman autobiographique glaçant
" Ce n'était pas de l'amour »
roman autobiographique de Betty Mannechez
avec Julien Mignot
Editions j'ai lu
250 pages
mai 2022
Une vie de cauchemar

Comme le précise la première de couverture de ce livre, c'est une plongée dans l'enfer qui nous est « offerte » ici.
Ah si c'était une fiction ! Malheureusement, il s'agit du récit d'une vraie vie vécue par une fratrie, en France, en Seine et Marne puis dans d'autres lieux proches puis plus éloignés.
La narratrice raconte son enfance, son adolescence et celle de ses sœurs et de ses frères.
Son père est un cadre féru en informatique qui dispose de moyens financiers importants. Voici sa carte de visite publique qui fait des envieux.
Ce que personne ignore c'est que derrière cet « honnête » homme se cache un monstre brutal avec ses enfants qui abuse de ses filles dès leur plus jeune âge.
Il est secondé par sa femme qui tolère, couvre, voire appuie l'attitude de son mari.
Pourquoi cette attitude ?
La narratrice explique qu'il s'agirait d'un pacte secret ou tacite entre les deux membres du couples :
L'un peut continuer à violer ses filles, à les « inviter » dans son lit, pendant que l'autre continue à dépenser sans compter.
S'agirait-il d'une dérive sectaire ?
C'est ce que l'auteure explique, c'est son analyse.
Cet homme, père de famille, devient père et grand-père du même être et vit avec sa fille aînée, la sœur de Betty , mère de l'enfant né de cette relation incestueuse.
C'est un monstre.
Betty Mannechez va attendre ses 18 ans pour s'enfuir et chercher de l'aide....
Elle va se retrouver entre une justice lente et démunie et son père tout puissant qui ne lâche rien.
De coupable de viol, d'inceste, de brutalités inqualifiables, il devient, pour certains, une victime.
C'est impensable.
Ce livre contient un suspense très fort.
Comme le proclame l'auteure quand elle va témoigner devant le troisième procès, en s'adressant à son père : « Le plus beau jour de la vie de tes enfants ? Ce fut le jour de leur placement ! Le prochain ? Le jour de ton décès ! Ils t'excluent de leurs vies. Ils ne seront plus ton punching-ball, tes esclaves, tes marionnettes ! »

C'est un « roman » grand public qui nous donne froid dans le dos.

Jean-François Chalot