Des nouvelles du monde
de Paulette Jiles

critiqué par Ludmilla, le 27 août 2022
(Chaville - 67 ans)


La note:  étoiles
Excellent !
Texas, hiver 1870.
Le capitaine Kidd, 71 ans, « avait exercé le métier d’imprimeur jusqu’à ce que la guerre lui prenne sa presse et tout le reste ». Il gagne maintenant sa vie en allant de ville en ville lire « les nouvelles du monde » en évitant les sujets de politique locale. Un soir, on lui propose, pour une pièce d’or, de ramener dans sa famille Johanna Leonberger, 10 ans. Elle a perdu ses parents et sa petite sœur lors d’une attaque des Indiens Kiowas qui l’ont enlevée et élevée comme une des leurs depuis quatre années maintenant.
S’ensuit un périlleux voyage de plusieurs centaines de km où ne manqueront ni les rivières en crue, ni les attaques de bandits…

Ce roman décrit surtout l’apprivoisement mutuel entre le vieil homme et la fillette.
Un voyage captivant, quelques années après la fin de la guerre de Sécession.
Des personnages attachants que j’ai regretté de devoir quitter…

« Conscient plus que jamais, dans ses os fragiles, qu’il était du devoir des hommes qui aspiraient à l’état d’humanité de protéger les enfants […]. Quant à protéger cette enfant redoutable, s’il était d’accord sur le principe, il aurait aimé trouver quelqu’un d’autre pour s’en charger »

« Il n'existait pas de signe pour "merci". Il n'y avait pas de mot chez les Kiowas pour dire "merci". On n'avait pas besoin de la reconnaissance des autres pour savoir qu'on avait bien agi, fait quelque chose de louable, il était inutile d'insister »

« Johanna n'apprit jamais à accorder de la valeur à toutes ces choses si importantes pour les Blancs. La plus grande fierté des Kiowas était de faire sans, d'utiliser ce qu'ils trouvaient ; il y avait même une sorte d'orgueil dans leur capacité à vivre sans eau, sans nourriture, sans abri. La vie était dangereuse, et rien ne pouvait changer cela, ni les robes à la mode ni les comptes en banque. »