Louis VI le Gros
de Éric Bournazel

critiqué par Essennoil , le 29 juillet 2022
(Paris - 42 ans)


La note:  étoiles
Un bouquin-cœlacanthe: bonjour, les fossiles!
Ce bouquin me fait irrésistiblement penser au cœlacanthe, vous savez: ce poisson très laid dont on espérait que l'évolution nous avait définitivement débarrassés, mais dont on a découvert, en 1938, qu'il vivait encore! Le CNRS a montré récemment que l'ADN du coelacanthe n'avait pas évolué en 300 millions d'années. Eh bien voilà: le Louis VI de Bournazel, c'est le coelacanthe des bios de chez Fayard.

Complètement largué avec sa "grande peur" et sa "mutation" de l'An Mil dont les médiévistes ont prouvé depuis au moins trente ans qu'elles n'ont jamais existé (voir les ouvrages de Dominique Barthélemy), complètement paumé avec sa "naissance de l'Etat-nation" qui daterait de Louis VI, alors que c'est un anachronisme complet (voir les travaux de Florian Mazel), ce bouquin aurait pu être écrit au XIXe siècle.

Enfin, non, il n'aurait pas pu. Parce qu'au XIXe siècle, au moins, on savait le latin - prérequis indispensable pour un médiéviste. Mais Bournazel est-il médiéviste? Une agreg de droit suffit-elle aujourd'hui à faire un médiéviste? En toute franchise, je l'ignore. Les choses dévalent tellement vite à vau-l'eau depuis quelque temps dans ce pays, faudra que je me renseigne.

En attendant: ceci est-il un bon livre? Sûrement pas. Adieu, les fossiles.