Vénère: Être une femme en colère dans un monde d'hommes
de Taous Merakchi

critiqué par CHALOT, le 14 juillet 2022
( - 74 ans)


La note:  étoiles
entre roman et essai
Vénère
« Etre une femme en colère
dans un monde d'homme »
roman de Taous Merakchi
251 pages
mars 2022
éditions Flammarion

Une colère plus que légitime

L'auteure aime les gens, par contre elle est vénère, il lui arrive de se mettre en colère contre un mufle.... Elle passe du sourire à la grimace ou plutôt de la défense à l'attaque légitime contre celui qui l'agresse ou agresse une autre femme.
L'indifférence est une forme de lâcheté et cela est insupportable pour cette femme qui nous raconte sa vie qui est un combat permanent pour la dignité.
Certains ironisent sur ces « me too » et leur combat contre le sexisme.
C'est si facile de sourire, de rire quand on ne sait pas ou qu'on ne veut rien savoir.
Qu'il est dur d'être une femme !
Cela commence très tôt quand on a la peur au ventre de sortir le soir ou qu'on est obligé de se coller au coin du compartiment dans les transports pour éviter les mains baladeuses.
« Grandir en tant que fille, c'est laisser des hommes nous faire des saloperies plus ou moins poussées, plus ou moins traumatisantes, pendant des années, sans jamais pouvoir l'ouvrir. »
L'auteure ne laisse rien passer, elle répond et réplique malgré les risques encourus.
Dans ce livre percutant, sérieux et parfois « drôle », elle essaye de comprendre pourquoi elle en est arrivé là.
Il y a son enfance, son père coureur de jupons, quelque peu violent avec elle. Elle l'a aimé mais souffre encore de son attitude peu respectueuse.
Son cri de colère est poussé pour toutes ces femmes victimes de toutes les violences, de la remarque sexiste, de la drague agressive et déplacée jusqu'à cette violence à son paroxysme qui tue.
Chaque année commencée se termine par plus de cent femmes tuées par leur conjoint.
Ce compteur ne tient pas compte des milliers et milliers de femmes frappées, humiliées par celui qui se disait leur amour pour la vie.
C'est un cri de colère que je partage !

Jean-François Chalot