La lumière du jour
de Graham Swift

critiqué par Clarabel, le 1 septembre 2004
( - 48 ans)


La note:  étoiles
Blues ...
Roman à manipuler avec précaution, "La lumière du jour" s'avère délicat et complexe. Basée sur un principe narratif déstructuré, l'histoire de Georges Webb, ancien flic et détective privé de son état, ressemble au principe de gigognes. On ouvre un tiroir pour en découvrir un autre, etc. Jusqu'à n'en plus finir ! Tout comme le personnage central, condamné à ne jamais finir cette enquête ouverte par Sarah Nash. Une épouse malheureuse que le mari trompe avec une jeune réfugiée croate. Mais Sarah accepte cette adultère, elle engage juste Georges Webb pour s'assurer que la jeune maîtresse quitte bien le pays... Mais l'histoire n'est pas aussi simple, ne se résume pas en deux coups de cuillère. Car Graham Swift possède un talent hors pair pour construire une trame romanesque, apparemment brouillonne, mais finalement très stucturée. L'auteur sait où il entraîne son lecteur. Son personnage, Georges Webb, divorcé, renvoyé de la police, séduit par l'élégante Sarah Marsh, vait couler l'encre de son stylo : il raconte son parcours par la fin, revenant au début, déviant à gauche, puis à droite. Progressivement on reconstitue son puzzle. De sa plume découlent blues, tristesse et nostalgie. Perte de soi-même, désarroi complet. Georges Webb est un homme perdu, lié à une enquête qui n'en finira jamais, envers et contre tout. Tous.
Un beau roman dense, ingénieusement construit, sous forme bouleversante et touchante. Qui s'inscrit dans le temps ...