Le Menteur
de Pierre Corneille

critiqué par Fanou03, le 17 juin 2021
(* - 47 ans)


La note:  étoiles
"Savez-vous bien, Monsieur, que vous extravaguez ?"
Dorante est un jeune homme fraîchement monté à Paris. Au cours d’une ballade Place Royale il croise une galante à qui il conte fleurette. Plus tard il essaye de connaître son nom : on lui dit qu’elle s’appelle Lucrèce, alors qu’il s’agit de Clarisse, sa cousine. Cette méprise débouche sur un beau quiproquo, d’autant plus que Dorante s’avère un fieffé menteur et ne recule devant rien pour s’inventer des exploits ou une vie qui n’est pas la sienne…

Avec Le Menteur, Pierre Corneille écrit là un vaudeville échevelé. Un peu trop même, car à trop vouloir complexifier l’imbroglio, j’avoue qu’il m’a perdu plus d’une fois. La méprise de Dorante, qui confond Clarisse avec Lucrèce, débouche sur une confusion totale, joyeuse mais pas facile à suivre ! A un moment on ne sait plus qui est qui, Clarisse se faisant passer pour Lucrèce sans savoir qu'elle alimente ainsi le quiproquo... Tout ça donne le tournis ! L’autre difficulté du Menteur est que j’ai trouvé certains passages compliqués à lire, à cause des tournures de phrases et des constructions syntaxiques assez ardues.

La saveur de la pièce tient beaucoup à l’extraordinaire talent de menteur de Dorante. En l’espèce c’est presque un véritable mythomane. La scène où il invente de toute pièce une scène imaginaire qui explique pourquoi soi-disant il a été obligé de se marier à une jeune fille de Poitiers, est une perle ! On se délecte donc des menteries du bonhomme, on se demande bien comment il va retomber sur ses pattes. La conclusion de la pièce malheureusement n’est d’ailleurs peut-être pas à la hauteur du reste. Le Menteur est donc une pièce pleine de qualité, où Pierre Corneille rend hommage sans doute à nouveau à la puissance de l’illusion comique. Mais sa complexité lui fait perdre peut-être un peu de sa puissance et du plaisir de sa lecture.