Staccato
de Leïla Zerhouni

critiqué par Kinbote, le 5 mai 2021
(Jumet - 62 ans)


La note:  étoiles
« Il faut imaginer Elisa heureuse »
Leïla ZERHOUNI raconte la naissance d’une passion s’inscrivant dans le cours d’une vie.

À sept ans, Elisa tombe sous le charme du violon, son odeur, ses sons, sa douceur, assimilable, comme elle l’écrit, à du lait chaud.

L’histoire suit son cours jusqu’à ce qu’un stupide accident remette, trente ans plus tard, l’objet de sa passion en question. Ce sera l’occasion pour elle de revoir moins les fondamentaux de sa vie que ce qui fait obstacle à leur accomplissement. Elle remet ainsi en cause son rapport aux autres et à soi, à l’amitié, à l’amour... Elle comprend que son bonheur n’était pas complet et l’accident, même s’il est le fruit d’une distraction, va se révéler propice à un renouveau.

« Elle avait toujours essayé de faire de son mieux pour parcourir les méandres de la vie (d’ailleurs ce serait son épitaphe : « A toujours essayé de faire de son mieux »). Sans jamais faire de mal à personne.
Alors, pourquoi ? Et si son violon, pendant toutes ces années avait eu pour unique fonction de lui faire supporter sa propre fragilité, sa propre condition humaine ? On a tous besoin d’une passion qui nous guide, d’une étoile au bout d’un chemin. »

Comme dans ABYSSE paru chez Bleu d’Encre, ZERHOUNI découpe son récit en variant les tonalités et colorations des chapitres, incluant des parties en vers, qui donnent du rythme à l’action, au nœud fictionnel, sans l’éventer, bien au contraire. Cela ajoute de la grâce à ce qu’elle raconte : des épreuves de vie qui, surmontées, augmentent l’assise de la passion et la capacité d’existence des protagonistes.