La nouvelle guerre des étoiles: Enquête : nous sommes tous notés
de Vincent Coquaz, Ismaël Halissat

critiqué par Colen8, le 29 avril 2021
( - 80 ans)


La note:  étoiles
La juteuse arnaque des faux bons avis
Depuis longtemps ont existé des enquêtes de satisfaction auprès des usagers ou clients en soutien à l’image de marque des institutions et des entreprises, donnant lieu à la publication de classements dans les médias. De même qu’il était courant de délivrer des étoiles aux hôtels et restaurants, les classements sportifs étaient là pour stimuler les pratiquants et attirer le public, plus récemment les universités se sont targuées de leur notation pour recruter les étudiants les plus solvables et justifier en parallèle leurs appels aux dons. Il faut remonter aux collèges jésuites du XVIe siècle pour voir apparaître les notions de classement, au concours de Polytechnique du XIXe pour que la note sur 20 détermine les rangs d’entrée et de sortie, système progressivement récupéré par l’Education Nationale pour mettre en avant la sélection au mérite en lieu et place du statut familial.
Les réseaux sociaux, leurs algorithmes opaques et leurs plates-formes numériques qui ont poussé les notations à l’extrême dans un but de transparence et de démocratie ne sont pas exempts d’effets pervers comme l’expliquent les deux auteurs journalistes avec des exemples pris parmi les plus significatifs. Quand on harcèle un client parce qu’il faut impérativement amener la moyenne à 9 sur 10 sous peine de sanction, quand on rémunère des influenceurs pour publier ou faire publier des super avis complètement bidons, quand on rompt unilatéralement un contrat avec des partenaires freelance, chauffeurs, livreurs après des notes de clients sans remise dans le contexte, la pression conduit vite à des risques psychosociaux graves. Le droit du travail, du commerce et de la concurrence étant mis en cause il serait temps que la législation s’adapte à ces nouvelles pratiques.