Femmes et République
de Scarlett Beauvalet, Annie Duprat, Armelle Le Bras Chopard, Mariette Sineau, Françoise Thébaud

critiqué par Veneziano, le 22 avril 2021
(Paris - 43 ans)


La note:  étoiles
La place politique de la Femme en France
Depuis la Révolution et l'instauration de la République, cette dernière a certes été symbolisée par Marianne, mais les femmes restent exclues de la citoyenneté, dénuées de droit de vote. Les IIe et IIIe Républiques ne font guère mieux, alors que le débat s'amplifie, jusqu'à son octroi à la Libération. Le Code civil la plaçant juridiquement dans un statut d'infériorité et confortant ainsi la domination masculine, la femme n'est donc pas autorisée à entrer officiellement dans l'arène politique avant 1944 ; mais cela n'empêche pas les femmes d'influencer, de participer à des groupes de réflexions, quand elles ne les lancent pas.
Leur entrée dans la sphère élective commence modestement et connaît même des reculs, à la fin de la IVe et au début de la Ve Républiques, de Gaulle et Debré se montrant rétifs à une telle émancipation. Une femme, puis deux, figurent seulement au Conseil des ministres. Valéry Giscard d'Estaing, élu de justesse face à la gauche, initie officiellement la réflexion sur l'égalité des sexes et fait approuver la dépénalisation de l'avortement, par le biais de Simone Veil, mise en avant. L'arrivée de la gauche amplifie les actions en ce sens. Le passage-éclair d'Edith Cresson à Matignon et de la plupart des femmes du gouvernement Juppé enrayent la dynamique, relancée par la loi constitutionnelle instituant la parité en politique.
Il est ensuite question de la représentation de la République sous les traits allégoriques d'une femme et de la place de la "Première dame", soit l'épouse du Président.

Ce beau livre, historique et richement illustré, s'avère très pédagogique et enrichissant. Il demeure dénué de parti pris, en tout cas de manière sensible, et permet de se forger et d'enrichir sa réflexion sur le phénomène. Il me paraît aussi utile que beau.