Le Triporteur
de René Fallet

critiqué par Sundernono, le 13 avril 2021
(Nice - 38 ans)


La note:  étoiles
Léger et distrayant
Roman publié en 1951 et adapté au cinéma en 1957 avec Darry Cowl dans le rôle principal, Le Triporteur se situe dans la veine beaujolais de René Fallet, romancier connu pour ses œuvres bien franchouillardes, notamment pour La soupe aux choux, Le beaujolais nouveau est arrivé ou encore Le Braconnier de Dieu, entre autres.

Pourquoi parle-t-on de veine beaujolais, à mettre en opposition avec les autres œuvres plus sombres, plus mélancoliques, dites de la veine Whiskey ? Cela signifie tout simplement que le roman fleure bon la joie de vivre et penche pour les douceurs de la vie, avec un certain regard touchant et naïf sur les petits côtés agréables qui jalonnent nos existences, l’amitié, les amours, les joyeuses libations, bref le plaisir de profiter du temps qui passe, tout simplement. Tout ce qui nous fait défaut en ce moment. Pour le coup, cela fait du bien de lire quelque chose de léger !
Il est vrai que ce roman sans prétention n’est pas un chef d’œuvre mais il se lit agréablement, il détend et c’est déjà pas mal .

Revenons à l’histoire. Nous suivons Antoine Peyralout, jeune homme dont l’avenir est déjà tout tracé : prendre la relève de son père quincailler et épouser une jeune fleuriste dont l’union ferait les affaires de sa famille. Il est clair que ces deux projets sont loin d’être la priorité d’Antoine dont les grandes occupations tournent autour des parties de 4.21 et de belotes avec ses amis supporters éperdus tout comme lui du club de football local : le RC Pomard fraichement qualifié pour la finale de la coupe de France. Tout ceci aurait pu continuer un certain temps si ce n’était l’apparition de l’élément déclencheur, un élément déclencheur original : la mise aux enchères prochaine d’un triporteur, le parfait moyen de locomotion pour rallier le stade de Colombes. Enchère remportée grâce au soutien de ses indéfectibles amis « comme la Lune »,« Suce la glace » et «mouille farine », voilà Antoine sur les routes, parti à l’aventure, une aventure qui s’en trouvera particulièrement bucolique.

Cette lecture fut agréablement distrayante, une petite parenthèse de légèreté durant une période qui en manque cruellement. Le triporteur est un bon antidépresseur, le tout sans avoir besoin d’ordonnance médicale, votre pharmacien sera votre libraire. Les habitués de René Fallet ne devraient pas être déçus même si ma préférence va encore et toujours pour cette fameuse soupe aux choux, aussi fameuse en livre qu’en film.