Cyberwar T03: Thuy Diêm
de Daniel Pecqueur (Scénario), Denys (Dessin)

critiqué par Shelton, le 12 avril 2021
(Chalon-sur-Saône - 64 ans)


La note:  étoiles
Une histoire qui se tient...
Est-ce que tout cela est bien réaliste ? Probablement pas car depuis 1929 nous savons tous que lorsqu’un boursier éternue à New-York, le monde attrape le rhume… Alors, imaginer les Etats-Unis dans le chaos le plus total et constater que le Canada ou le Japon vivent en paix comme si de rien n’était… cela parait hors de la réalité, du potentiel, du concevable…

Pour le reste, avouons qu’une cyberguerre totale contre un état, fût-ce les Etats-Unis, n’a rien d’inconcevable puisque nous avons maintenant vu des attaques contre des banques, des ministères, des villes, des laboratoires, des hôpitaux et récemment en France contre le centre de téléenseignement CNED… Donc, ce n’est plus de la fiction, c’est une histoire criminelle presque banale…

Tentons de regarder ces trois bandes dessinées formant une histoire complète sans aller trop vite ni dans un sens ni dans un autre. Tout d’abord, puisqu’il ne va pas s’agir d’une fiction improbable, il va donc falloir concentrer notre attention sur deux points : conséquence de cette cyberwar et motivation de la « force du mal » qui l’a déclenchée.

Pour ce qui est des conséquences sur les structures officielles de l’Etat fédéral, je trouve que les descriptions sont un peu sommaires. Il est très probable que dans les faits, les conséquences seraient moins funestes ou plus exactement plus longues à le devenir. Il n’en demeure pas moins que lorsque les acteurs de la communication sont paralysés, les évènements néfastes s’enchainent à grande vitesse…

Pour les conséquences sur un individu, le suivi de Jack et de sa femme est plutôt crédible tandis que celui de Nora, la première astronaute noire, me semble un peu tiré par les cheveux… Il n’en demeure pas moins que ces différents aspects sont passionnants et que le lecteur, s’il fait bien abstraction de la crédibilité des faits, passe un très bon moment…

Quant aux motivations des hackers, elles sont très bien rendues et c’est probablement là que se situe le point fort de l’histoire. Des acteurs motivés par l’argent et l’aspect ludique, un grand chef ayant, lui, de son côté, des motivations d’un autre ordre dont je ne dirai rien même sous la torture pour vous laisser un suspense intact…

Si certains éléments du scénario de Daniel Pecqueur peuvent décevoir, le dessin de Denys, la qualité de sa narration graphique et le dynamisme de son graphisme sont de très bonne facture pour ne pas dire plus…

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette série et je pense qu’elle pourra satisfaire les passionnés d’aventures teintées de politique, de science, de fiction… Mais les grands amateurs de science-fiction ne trouveront probablement pas là de quoi se réjouir plus que cela…