Broadway
de Fabrice Caro

critiqué par Marvic, le 8 avril 2021
(Normandie - 62 ans)


La note:  étoiles
L'homme qui ne savait pas dire non
Axel a 46 ans, une vie tranquille et même banale entre son épouse Anna et ses deux enfants Jade et Tristan. Maison dans un lotissement, apéritifs réglementés entre voisins...
Il suffit d’un grain de sable pour qu’Axel dérape. Une simple enveloppe bleue.
Une simple enveloppe bleue portant son nom... et le test de dépistage du cancer colo-rectal. Oui, mais voilà, Axel n’a que 46 ans. C’est-à-dire pas l’âge "réglementaire" du dépistage gratuit !
Comment est-ce possible ? Une erreur de la CPAM ? Une farce d’un collègue, d’un ancien copain ?

Cette simple enveloppe va complètement perturber Axel. Il n’arrive plus à faire face aux aléas d’une vie, que ce soit le chagrin d’amour de sa fille, le dessin pornographique de son fils représentant ses professeurs ou les réflexions de son "cher" voisin.
Et pourtant, dans sa tête, les mots sont prêts… mais rien à faire, Axel ne sait pas dire non, Axel a trop peur de blesser.
"J’accumule les mensonges sans enjeu ni substance, après rebelle sans cause, menteur sans cause."

On retrouve dans ce roman le même genre de personnage que dans un roman précédent Le Discours, vieilli de quelques années. Ce n’est plus le mariage de sa sœur qui le stresse mais la vie d’adulte responsable, père de famille, mari, voisin qui se voudrait exemplaire.
"Nous sommes la succession de personnes étrangères les unes aux autres qui, probablement, n’auraient pas grand-chose à se dire si elles se croisaient."

Et on retrouve le même humour, indubitablement le point fort de cet auteur ; des sourires, des rires, pour des réflexions ou des situations tout à fait plausibles. Il m’est souvent arrivé de penser à Pennac.
Un excellent moment de lecture…. Et de détente. Et la lecture du Discours n’est absolument pas un préalable.