Caroline assassine
de Sophie Jabès

critiqué par Clarabel, le 28 août 2004
( - 48 ans)


La note:  étoiles
Mouaip...
Après le très décevant "Alice la saucisse", Sophie Jabès signe un deuxième roman tout aussi circonspect. L'histoire de "Caroline assassine" tourne autour de la jeune Caroline, sept ans, qui décide de tuer sa mère. Pourquoi, comment ? Le scénario tente de se dessiner et de tracer le chemin : Caroline vit avec sa mère, sa soeur Solange et son frère Bertrand chez les grand-parents. Mais l'un vit l'oreille vissée au poste de radio, l'autre n'hésite pas à tourmenter le petit frère avec un martinet et à ordonner aux enfants l'interdiction d'avouer d'être juif. La mère, elle, ne travaille pas, téléphone toute la sainte journée ou joue aux cartes avec ses amies. Et puis elle s'en prend à Caroline qui adore lire. Trop lire, aux dires de la mère. Cela ramène des idées d'intellectuelle dans sa tête d'enfant et cela ne mène à rien. Comme de lire "Les misérables" aux toilettes. La mère lui interdit formellement et la punit en jetant le roman dans la cuvette des WC. L'enfant fulmine, sa vengeance sera terrible...
"Caroline assassine" est un court roman de 140 pages. L'auteur semble aller à l'essentiel et centre l'intérêt du lecteur sur la petite fille de sept ans. Par l'innocence de cette enfant, on assiste au retour au bercail du père, au repas de fiancailles de la soeur, au martyr des uns et des autres. L'ensemble est raconté d'une pointe de naïveté et de dégoût. Caroline hait sa famille, plonge dans un état extatique à l'ouverture d'un livre, rêve de s'enfuir et de tuer sa mère. La jeune fille fera son chemin, et nous avec. J'ai eu un peu de mal à m'attacher à l'histoire en général. Pas que ce soit franchement mauvais, ni carrément bon. J'en veux presque à l'auteur de ses dérapages, d'introduire comme des besoins vomitifs contre les bons sentiments et les bonnes choses sensées. Comme si elle ne pouvait s'empêcher d'immiscer ses spectres de pieuvres et de calamars pour étouffer la petite Caroline, et nous avec ! Bref, peut mieux faire.