La route des Balkans
de Christine de Mazières

critiqué par CHALOT, le 4 avril 2021
( - 73 ans)


La note:  étoiles
beaucoup d'émotion
« La route des Balkans »
Roman de Christine De Mazières
Editions Sabine Wespieser
179 pages
avril 2020
Des drames insupportable et un peu d'humanité

Ce n'est pas la peine de s'interroger s'il s'agit là d'un roman ou d'un essai, les deux sont mêlés et cela donne une œuvre émouvante, bien écrite, qui nous prend aux tripes.
Ces hommes, ces femmes et ses enfants fuient la misère et surtout la guerre, ils vont parcourir pendant des mois et des mois et même des années des milliers de kilomètres.
Beaucoup périront en chemin, après des souffrances insupportables, sans même l'espoir de s'en sortir.
L'auteure nous fait partager leurs voyages, tous différents mais parfois pareils dans l'issue.
Certains « accueillants » se rappellent la dernière guerre, la fuite et la crainte d'une mort annoncée devant les troupes, ils sont prêts à faire partager leur humanité débordante mais il y en a d'autres qui rejettent ces miséreux qui viendraient leur voler leur pain !
Asma , la jeune syrienne si belle, laisse tomber son carnet rouge qui se trouve dans les mains du jeune Afghan Tamin avec qui elle avait échangé un regard doux et interrogateur.
Elle écrit :«  Je n'ai que dix-sept ans, mais j'ai parfois l'impression d'en avoir soixante-dix, comme si j'avais accumulé l'expérience d'une longue vie semée d'embûches. »
Il y a dans ce livre, des scènes dramatiques comme les noyades de ceux et celles qui pour fuir s'entassent dans des bateaux.... Il y a aussi en Hongrie, cette image effroyable d'un camion frigorifique laissé sur la route par les passeurs.
La police horrifiée y découvrira plus de soixante-dix cadavres décomposés....
Ils auront tout essayé pour avertir les chauffeurs : les cris, les coups de poing frappés sur les cloisons.... Rien n'y fait, ils sont entassés et il fait plus de 50 degrés à l'intérieur.
Comment comprendre, comment accepter que ces humains ne soient pas protégés ,
A quoi servent l'ONU , les instances européennes, si le minimum n'est pas respecté.
Tamin rêve , il « contemple une dernière fois Asma, qui flotte dans la blancheur. »

Jean-François Chalot