Sommes-nous submergés ? : Epidémie, migrations, remplacement
de Hervé Le Bras

critiqué par Colen8, le 6 février 2021
( - 81 ans)


La note:  étoiles
Regard alternatif
La réponse est non ! L’analyse des données géographiques apporte une grille de lecture venant contredire certaines idées reçues sur deux phénomènes indépendants : la soudaine pandémie Covid-19 dont les conséquences sont encore très provisoires et l’immigration permanente.
La recherche des vulnérabilités face à la pandémie pendant la première vague a fourni une référence pour suivre l’évolution sanitaire de la seconde et la suite. Les cartographies à différentes échelles tirées des statistiques indiquaient par exemple une grande variabilité entre départements. Elles ont aussi mis en évidence l’absence de causalité des facteurs sociaux-démographiques habituels(1) dans la contamination et la mortalité. Il s’est produit à ce moment-là une diffusion en tache d’huile sans ambiguïté à partir des premiers clusters identifiés, suivie d’un ralentissement marqué après le confinement du printemps, les gestes barrières et la distanciation.
A l’aide d’autres statistiques, de calculs itératifs schématiques et de cartes des déplacements entre pays de départ et d’arrivée Hervé Le Bras s’efforce une fois de plus de battre en brèche ce qu’il nomme la fable du « grand remplacement ». Malgré le déclin avéré de la population européenne et son vieillissement les fortes croissances démographiques africaines et asiatiques ne se traduiront pas en invasions massives. Les mobilités de personnes resteront très majoritairement dans des zones intracontinentales proches, migrations climatiques comprises. Les demandes d’asile résultant de crises politiques sont loin d’être systématiquement accordées. Les immigrations économiques sont pour beaucoup le fait de jeunes plus diplômés qu’auparavant assistés par des réseaux de connaissances établis de longue date dans les pays d’accueil. Enfin les enfants d’étrangers qui n’émigrent pas deviennent des nationaux à la seconde ou la troisième génération.
(1) pyramide des âges, densité de population, pauvreté, taux d’immigration turque et maghrébine – la mortalité de 82% chez les plus de 70 ans différerait peu des 77% de la même tranche d’âge calculée en 2018.