Un jardin de sable
de Earl Thompson

critiqué par Elko, le 19 août 2020
(Niort - 44 ans)


La note:  étoiles
Où rien ne pousse
Nous sommes dans l’Amérique de la Grande Dépression. Celle des victimes. Des petites gens qui luttent, seuls, pour survivre.

Jack est élevé par ses grands-parents, son père est mort et sa mère absente. Il est ballotté au gré des vaines tentatives de sa famille pour s’en sortir. Il grandit sans véritable cadre, comme une herbe sauvage. Très tôt il montre une sexualité précoce. Et quand au final sa mère le récupère, elle devient pour lui l’objet de tous ses désirs.

C’est un roman brutal, cru, qui montre une certaine Amérique. Une Amérique de la combine qui bascule facilement vers l’escroquerie, le vol ou la prostitution. La misère engendre l’alcoolisme et la violence. Cette déliquescence sociale offre peu d’espace à la morale. La spirale du pire semble inévitable. Et c’est ce monde insensible et sans promesse qu’affronte Jack, dominé par ses pulsions innommables.

Entre Zola pour l'intention et Bukowski pour la langue, Earl Thompson dresse un portrait dérangeant de la misère humaine. Sans tabou et qui claque comme une gifle.
Ce roman est le premier tome d'une trilogie.