Mange ma mort
de Philippe Cousin

critiqué par Lolo6666, le 11 août 2020
( - 46 ans)


La note:  étoiles
Un auteur au style talentueux pour un univers SF/fantastique
Voici un recueil de nouvelles écrit par un auteur qui m'était inconnu. Or, sa collaboration avec JP. Andrevon en 82 m'a encouragé à lire ce titre énigmatique "Mange ma mort". Philippe Cousin l'écrit en 83, tandis qu'Andrevon publie la même année le très sombre "Le travail du furet" dont la noirceur m'avait emballé.

7 nouvelles, plaisantes au niveau de la forme, mais plutôt à côté de la cible, que je représente, sur le fond. Publié dans la collection Présence du futur, les récits s'inscrivent principalement dans le genre fantastique. Un registre qui m'éloigne de la science-fiction que j'affectionne où, bien que ténu, le fil du possible existe.

Parmi elles, je retiendrai "Le satellite te tuera", dont l'histoire est plus prenante, plus vraisemblable aussi. Avec la thématique du supercalculateur, qui n'est pas sans rappeler celle de HAL 9000 dans "2001 l'odyssée de l'espace". Moins développée bien sûr, mais c'est un bon clin d'oeil.

J'ai également aimé la dimension horrifique de "Photomaton", bien rendue et ressentie, bien que furtive ; L'entrée en matière alléchante pour "Le principe réducteur" ; Et le dénouement assez sympa dans "une amie pour toujours" dévoilant une morale discutable mais efficace.

J'ai en revanche coincé sur le caractère "incroyable" des récits. Dans le sens absurde du terme. Des histoires en fonds extravagants qui ont entravé ma totale adhésion. En plus de la propension à érotiser de façon débridée et régulière toutes les nouvelles ou presque. Je ne suis pas contre une dose de sensualité, mais j'ai comme un sentiment d'outrance inutile.
Au final, la nouvelle reste un exercice certainement difficile, au risque de survoler une histoire à potentiel. Malgré tout, l'écriture de Philippe Cousin est impeccable.