La voix des vagues
de Jackie Copleton

critiqué par Peche07, le 18 juin 2020
( - 62 ans)


La note:  étoiles
Une belle histoire affleurant sur les cendres effroyables de Nagasaki
La tragédie du 9 août 1945 à Nagasaki est le point de départ de ce récit intime qui s’ancre profondément dans la culture japonaise. Une grand-mère voit ressurgir quarante ans plus tard un homme défiguré qui se présente comme son petit-fils: ses raisons de l’ignorer vont constituer l’essentiel du fil romanesque. Chaque chapitre s’ouvre sur une maxime faisant référence aux principes passés ou présents qui régissent la société japonaise, pas forcément ajustés au récit concerné. La force du récit nait dans le point de vue de cette grand-mère, dont on comprend au fil des pages, qu’elle ne décrit pas si objectivement que cela l’histoire familiale. Sous les cendres affleure une belle histoire d’amour: qui croire dès lors que les protagonistes ne sont plus là? Amaterasu , dernier témoin, n’en reste pas moins admirable, terriblement humaine. Que sont nos folies du cœur au regard des cataclysmes de l’histoire et combien nos sentiments voire nos ressentiments humains , passagers, changeants par nature, pèsent peu face à l’immuable d’une catastrophe ? Ce roman allie écriture et romanesque, on ne le lâche pas. Il constitue aussi une sorte de pèlerinage nécessaire: plus de 60 000 morts, en quelques minutes. Le deuil est long et l'oubli reste impossible.