Le dernier chameau et autres histoires
de Fellag

critiqué par Tistou, le 4 mai 2020
( - 64 ans)


La note:  étoiles
Cinq nouvelles
Cinq nouvelles décousues peinant à donner une unité au recueil. Très disparates, depuis la tendresse nostalgique ( Un coing en hiver à la violence la plus inouïe Rentrée des classes, en passant par ce qui semble être plutôt la retranscription d’un spectacle ( ?) Le dernier chameau.
Evidemment, quand on se lance dans la lecture du recueil en partant du principe que Fellag est un humoriste algérien, on se prépare à de la rigolade et on a le sourire aux lèvres. Pas longtemps. Pas longtemps le sourire. L’ambiance est plutôt refroidissante dans l’ensemble. En même temps, Fellag traitant principalement d’un pays, l’Algérie, qui a connu des heures (très) noires il y a finalement peu (l’épisode GIA et autres groupes islamistes, à partir de 1991), il était difficile de faire primesautier !
La nouvelle la plus noire et la plus désespérante est la seconde Rentrée des classes. Nadia, une psychiatre, est amenée à recevoir dans son service spécialisé pour l’accueil des traumatisés du terrorisme (au cœur des années noires du terrorisme islamiste) une petite fille qui va s’avérer seule rescapée du massacre de sa famille dans la nuit qui précède. En soi c’est déjà terrible. Mais c’est la façon dont la petite fille raconte et réagit qui est purement terrifiante !
Train train, la troisième nouvelle est dure également mais elle se déroule en France. Histoire somme toute assez classique d’une agression dans un wagon. Fellag traite cette histoire façon « poète » !
Un coing en hiver qui ouvre le recueil est plutôt douce-amère, à l’image de l’Algérie actuelle, contrainte à l’autodérision si elle ne veut pas désespérer (trop tard hélas, le désespoir est lancé depuis quelques mois et on se demande où ça va déboucher ?). Une belle histoire.
Les deux dernières ; Le syndrome de la page 12 et sont moins prenantes. Si Le dernier chameau semble clairement le script d’un spectacle, rassemblant les souvenirs de jeunesse de Fellag, notamment en lien avec le cinéma, est plutôt intéressante, plus de mal avec Le syndrome de la page 12 qui n’amène pas grand-chose à mon sens.
Ca en fait un ouvrage très inégal, avec de vrais moments forts et des longueurs. Ca intéressera par contre particulièrement quiconque s’intéresse à l’Algérie.