Nos rêves sont priés de prendre une douche froide
de Benoît Jeantet

critiqué par Nathafi, le 26 mars 2020
(SAINT-SOUPLET - 54 ans)


La note:  étoiles
Lutte permanente
Benoît Jeantet nous offre ce recueil dans la Collection "Paroles de Poètes", chez Jacques Flament Editions.

La mélancolie et le lâcher prise semblent être les maîtres mots de cet ouvrage.
Ces rêves et pensées, présentés en segments parfois ambigus, révèlent un esprit tourmenté, une âme désabusée, pleine de ressentiment, plongeant le lecteur dans l'intime et les blessures secrètes.

Luttant contre les fantômes de la nuit, un ennui profond et une lassitude face à un quotidien pesant, les textes se succèdent et forment un bloc d'émotions diverses.

Le monde est si glissant
qu'une colline sous la pluie

On voulait tous un gros morceau de ciel.
Bien sûr, y'en avait pas pour tout le monde.
Bien sûr.

J'en étais à peser le pour et le contre.
Et, quand même, le contre pesait mon âne mort.


Il apparaît parfois quelques bribes de clarté, un souvenir plus doux, un instant d'apaisement qui offre une bouffée d'oxygène.

Rien n'est plus bancal qu'un lundi matin.
Mais que ton sourire passe et repasse dessus
et alors tout, très vite, retrouve son équilibre.


De métaphores en déductions implacables, de moments partagés au besoin d'exploser, l'âme perdue du poète a bien du mal à reprendre pied et avancer.

Mais oui, des fois, la tristesse
ça fait même voler en éclats
le carreau des fenêtres


Une douche froide serait bienvenue, effectivement, pour laver et évacuer toute cette tristesse, frapper l'épiderme de plein fouet et offrir, enfin, un renouveau.