Qu'est devenu l'homme coincé dans l'ascenseur ?
de Yōñ-Ha Kim

critiqué par CC.RIDER, le 17 février 2020
( - 62 ans)


La note:  étoiles
Amusant sans plus…
Un matin, Jeong Sugwan se lève en ayant la pénible impression que toute sa journée ne va être qu’une suite de galères. Et ça ne manque pas d’arriver ! En pleine séance de rasage, son beau rasoir Gillette tout neuf tombe en panne, lui laissant la moitié du visage non rasé. Quand il veut prendre l’ascenseur, celui-ci est en dérangement avec un homme bloqué à l’intérieur. Au moment de monter dans le bus, il s’aperçoit qu’il a oublié sa carte chez lui. Pendant qu’il parlemente avec le chauffeur, le conducteur d’un poids lourd perd le contrôle de son véhicule qui finit sa course en percutant le bus. Et quand enfin Jeong arrive fort en retard à son bureau, voilà qu’il se retrouve bloqué à son tour dans un ascenseur en compagnie d’une jeune collègue… Une jeune femme se marie avec un drôle de prétendant. Il n’a que peu d’intérêt pour les choses du sexe. Il ne la pénètre jamais. D’ailleurs, il déclare ne pas vouloir d’enfant. Sa jeune épouse le soupçonne d’être un immortel ou un vampire qui aurait renoncé à se sustenter de sang frais…
Cet ouvrage venu de Corée est un recueil de quatre nouvelles bien écrites et agréables à lire, toutes dans un registre étrange et fantastique, mâtiné d’une certaine dose d’humour. La première, celle de l’homme dans l’ascenseur est sans conteste, la plus réussie et la plus drôle. La deuxième, « Vampires » est la plus fantastique, mais d’un intérêt moindre. La troisième, « L’amour à haute tension » avec cette histoire d’homme devenant de plus en plus invisible à mesure qu’il tombe de plus en plus amoureux, est tout aussi réussie que la première et atteint même le niveau du conte philosophique. La dernière « L’homme qui n’avait pas d’ombre » présente pas mal de similitudes avec la précédente. L’ensemble est divertissant sans plus. N’en déplaise au commentaire dithyrambique de la quatrième de couverture, (« Entre Kafka et Buster Keaton, des nouvelles scintillantes d’humour noir. Un régal !), le lecteur restera plus réservé. Non, Kim Young-ha, charmant tâcheron du fantastique, n’est en aucun cas à placer au niveau de Kafka, Poe, Ionesco ou Marcel Aymé, mais plusieurs étages en dessous !