Le concile de Jérusalem, Le frère du fils prodigue, L'ange Gabriel
de Armel Job

critiqué par Catinus, le 18 octobre 2019
(Liège - 69 ans)


La note:  étoiles
Loin d'être rébarbatif
Nous sommes à Jérusalem vers l’an 50. Paul revient de Grèce où il enseigne la Bonne Parole. Il a été convoqué par Pierre et Jacques pour faire le point. Or, cela fait déjà un bon bout de temps qu’il y a de l’eau dans le gaz entre eux trois. Paul veut convertir tous les païens, les deux autres apôtres soutiennent qu’il faut d’abord devenir Juif (dont le passage par la circoncision) avec de devenir chrétien. Il va donc falloir mettre l’église au milieu du village. Avec leurs fichus caractères, ces trois-là vont se rentrer dans les plumes (et ce ne sont pas celles d’anges), une vraie bataille de coqs et d’égo. Marie tentera de temporiser mais les oreilles se bouchent.

Le thème est on ne peut plus sérieux mais la forme est très comique. On s’amuse beaucoup dans cette pièce d’Armel Job.
Le livre continue par l’histoire du fils prodigue, un peu romancée (quoique) et «L’Ange Gabriel » qui vous dit tout sur Dieu, dont sa solitude et sa création.

Extraits :

* Paul (impressionné)
Est-ce alors qu’il a dit que le pain que vous mangez était son propre corps, et le vin, son sang ?
Pierre
… Hein ? (Se secouant) Oui, façon de parler. Il se rendait bien compte qu’il était au bout de l’aventure, qu’il n’en sortirait pas vivant. (…) Quand il a rompu le pain azyme pour nous distribuer les morceaux, il a dit songeusement : ‘’Voici ce qu’il en sera bientôt de mon corps ». On était soufflés, tu penses bien, on n’avait plus la force de protester, on tenait notre quignon en main sans oser y toucher, et tout à coup, il a ajouté, comme sous le coup d’une brusque inspiration : « Oui, c’est mon corps, mangez-le ! »(…) (à la fin, il a ajouté) « Après, vous ferez entre vous ce que nous avons fait ce soir. Pour vous souvenir de moi, pour ne pas m’oublier. »

* Pierre n’est pas forcément vieux, mais il semble usé. Il marche avec une canne. Il n’a pas l’accent caricatural que Paul a affecté quand il l’a imité mais un accent régional, un peu comme le wallon, par exemple.

* Marie s’adressant à Paul :
Bien, bien … Ne parle à personne de notre rencontre. Je te laisse. Je ne faisais qu’une apparition.