L'Ere du clash
de Christian Salmon

critiqué par Colen8, le 12 août 2019
( - 78 ans)


La note:  étoiles
Ô Démocratie, te voici bien malade
Le clash en politique se résume à faire du grand n’importe quoi en échange d’un buzz permanent sur les réseaux sociaux relayés par des armées de partisans suivant aveuglément leur chef de file. C’est ce que montre si bien l’irruption du dernier hôte de la Maison Blanche tel un clown de la télé-réalité dont il vient. Il se vautre d’autant mieux dans ce registre que les élections de mi-mandat deux ans plus tard lui sont restées favorables.
Les « spin doctors » du temps de Reagan et Clinton désignaient les conseillers politiques chargés de « tordre » l’opinion publique par des arguments fallacieux si nécessaire. Plus tard ont émergé avec Obama les spécialistes du « storytelling » qui possédaient l’art des promesses de campagne non tenues, simplement renvoyées à plus tard au moyen de récits apparentés à la pensée magique et au rêve. Résultat : un discrédit complet des gouvernants, un repli sur soi des gouvernés ne croyant plus à rien.
En parallèle la souveraineté des démocraties se délite au profit de structures mondialisées ne rendant de comptes à aucune instance légitimée par les urnes. Par exemple la crise grecque de 2015 telle que vécue par Yanis Varoufakis alors ministre des finances se confiant à l’auteur montre comment un gouvernement élu mais de gauche espérant un règlement politique avec ses homologues européens a dû s’aplatir sous la menace non négociable d’une asphyxie économique du pays devant les techniciens de la Troïka néo-libérale inflexibles(1).
L’analyse de Christian Salmon percutante dans son style donne à réfléchir.
(1) Troïka : MES (Mécanisme Européen de Stabilité, FMI (Fond Monétaire International), BCE (Banque Centrale Européenne)