Une fumée sur le toit, Charlou, mineur et paysan
de Jean-Francois Guilhaudis

critiqué par CC.RIDER, le 18 juin 2019
( - 66 ans)


La note:  étoiles
Un émouvant témoignage
Charlou est un pauvre paysan de la région de Carmaux. Son père d’abord sabotier a essayé de se reconvertir comme vendeur de chevaux mais sans grand succès. Dès l’âge de 12 ans, il doit quitter la petite ferme familiale pour aller s’engager à la mine. Il y travaillera de 1889 à 1929 à l’entretien des chevaux puis comme porion. De trop petite taille, il est dispensé de service militaire et échappe à la grande boucherie de la Première Guerre Mondiale. Il se marie avec Orancie qui sera sa fidèle compagne pendant des années. Ils n’auront qu’une fille car Orancie, victime d’un très grave accident ne pourra plus avoir d’enfant. À la fois mineur et paysan, Charlou mènera une double vie. Double travail, double peine. Il connaîtra les grands mouvements sociaux de l’époque, verra l’armée tirer sur le peuple et découvrira l’exploitation, la misère de ceux et celles qui n’ont pas comme lui quelques arpents de terre et quelques animaux qui lui permettront de toujours améliorer l’ordinaire, ce qui sera particulièrement le cas pendant l’Occupation.
« Une fumée sur le toit » n’est pas un roman de terroir, mais l’authentique témoignage, vivant et poignant, d’un homme simple, honnête et courageux. Edouard Roy a recueilli et scrupuleusement noté les récits de Charlou. L’ensemble est un peu décousu, un peu brut de décoffrage. L’auteur fait parler à la première personne tantôt Charlou, tantôt Orancie, ce qui permet au lecteur de se faire une bonne idée de ce que fut la vie des personnages dans une époque difficile. Il ne pourra qu’apprécier à sa juste valeur la sagesse de cet ouvrier-paysan qui analyse le monde de la mine et toute la société avec son bon sens et surtout son humour modeste. Ouvrage très frais, très agréable, pétri de valeurs traditionnelles et si loin du cynisme, du laisser-aller et de la lâcheté actuels !