La peau du papillon
de Sergey Kuznetsov

critiqué par Reginalda, le 8 juin 2019
(lyon - 52 ans)


La note:  étoiles
Une traque entre fantasme et réalité
Un tueur en série sévit dans Moscou depuis plusieurs mois. Xénia, jeune journaliste du web, dynamique et ambitieuse, que ses goûts sexuels portent au sadomasochisme, décide de créer un site consacré à ce maniaque, moins dans le but de contribuer à sa capture que dans celui d’obtenir une promotion grâce au succès de son entreprise. Mais le virtuel et le fantasme ne vont pas tarder à se heurter à la réalité.
Le lecteur qui s’attendrait à trouver dans La Peau du papillon le traditionnel jeu de piste que constitue la traque d’un tueur en série (mais qu’a-t-il donc cherché à nous signifier en disposant çà et là des symboles abscons, le bougre ?) sera déçu, car Sergey Kuznetsov a déplacé l’accent et le grand intérêt de son roman vers tout autre chose. Il ne s’agit pas de démasquer le coupable, mais de naviguer entre le réel et l’imaginaire, le monde extérieur et le monde intérieur, la réalité et le fantasme, et de s’intéresser au fonctionnement (au mystère ?) de la violence.
Un thriller atypique donc, mais remarquablement bien écrit et dont la lecture, qui ne saurait laisser indifférent, éveille toute une série de questionnements passionnants.