Le Loup peint
de Jacques Saussey

critiqué par Ludmilla, le 3 février 2019
(Chaville - 64 ans)


La note:  étoiles
Brrr… Et si…
Impossible de tenter de résumer ce livre sans en gâcher la lecture.
Même la quatrième de couverture en dit trop, à mon avis.
Vincent, vétérinaire, va voir sa vie basculer lors de son retour nocturne de chez sa maîtresse…

Les plus :
- Une idée de base à la fois excessivement inquiétante et (malheureusement) pas vraiment irréaliste
- Un page-turner extrêmement efficace (je l’ai lu en deux soirées)

Les moins :
- Des scènes inutilement violentes
- Une vision des femmes pour le moins phallocratique
- Un peu trop de coïncidences
- Quelques incohérences
Manque de chair 7 étoiles

Que Le loup peint soit un polar, de la catégorie des « page-turners », aucun doute là-dessus. Que l’histoire soit extrêmement prenante, soit. Mais d’où vient alors ma relative frustration, mon insatisfaction latente ?
D’un manque de chair. L’auteur va trop « à l’os », se concentrant uniquement sur l’histoire, les rebondissements, les éléments propres à enchaîner le lecteur à l’intrigue. Mais comment s’emparer des personnages dans de telles conditions ? Ce sont des ectoplasmes qu’on va oublier sitôt le roman refermé. On n’aura même pas le sentiment d’avoir fréquenté des amis, ou, simplement, des êtres humains. Manque de chair.
Quelle différence d’avec un Michael Connelly, un James Lee Burke, un Tony Hillerman ! Ou un Ian Manook pour rester français ou un Georges Simenon, même si c’est plus loin dans le temps ! Et l’humanité b… !
Dommage. L’histoire est intéressante même si hautement inquiétante. Il y est question de trafics rémunérateurs (à partir du moment où il y a trafic !) auxquels on ne penserait pas forcément. Un trafic qui concerne des vétérinaires, Vincent Galtier et Clément Tardieu. Un trafic qui rejoint dans l’intention un des maux de notre société actuelle : le terrorisme.
Il y est question d’une France, plutôt profonde (on n’est pas dans l’orbite parisienne du côté d’Auxerre), où les hommes sont plutôt minables et phallocrates, les femmes soit allumeuses soit … rien du tout. Pas vraiment un monde qui fasse envie.
Le policier principal en charge de l’enquête est corruptible, vénal et veule. Ses adjoints du type « bas de plafond ». Une curiosité : Jacques Saussey fait incarner le rôle d’un policier venu en renfort de Belgique par un de ses amis écrivain de polar, Paul Colize, et il donne fictivement à des rues d’Auxerre des noms de certains de ses auteurs fétiches (Chattam, Minier, …). Bon, c’est juste une curiosité …
Je ne voudrais pas décourager les potentiels lecteurs de lire ce roman car je ne vais pas bouder l’intérêt que j’ai pris à sa lecture, je l’ai dit c’est très prenant. Mais bon, autre chose qu’un squelette de scénario ça ne serait pas plus mal et ça ferait grandir l’intérêt. Et ça laisserait une trace …

Tistou - - 63 ans - 31 juillet 2019


Le cauchemar 8 étoiles

C’est l’histoire de Vincent Galtier, vétérinaire qui se trouve au mauvais moment, au mauvais endroit…
C’est l’histoire d’un adorable chiot au pelage original…
C’est l’histoire de Sophie, une sculpturale jeune femme qui joue de ses charmes pour….
Mais c’est aussi l’histoire de flics, de Laurel et Hardy, Richard Milan et Benoit Martin...

C’est surtout un excellent roman policier, au suspense et au rythme impressionnants.
Mes reproches iront à quelques heureux hasards, et à l’intrigue un peu trop dirigée par la libido exacerbée des hommes.
Je ne sais pas si les auxerrois ont apprécié que leurs rues portent le nom d’auteurs aimés par M. Saussey, de même que celui du policier à qui il donne celui d’un ami ; personnellement, je n’y trouve aucun intérêt.
Mais difficile de lâcher le livre avant la fin.

Marvic - Normandie - 61 ans - 14 mars 2019