Monsieur de Pourceaugnac
de Molière

critiqué par Incertitudes, le 18 septembre 2018
( - 36 ans)


La note:  étoiles
En attendant M. Jourdain
Écrite en 1669 soit un an avant Le Bourgeois gentilhomme, j'ai retrouvé avec gourmandise dans ce Monsieur de Pourceaugnac un personnage d'imbécile comme Molière a si bien su les croquer.

Déjà rien que le nom qui fait penser à pourceau, un porc, n'aide pas à le prendre au sérieux. Cet avocat est un vrai guignol. Attaché à son titre vaille que vaille, à son obsession pour l'impression qu'il compte laisser à la Cour, il se montrera étonnamment crédule, peureux et grotesque face aux différents stratagèmes tendus par Sbrigani complice du duo Julie/Éraste. Le couple, cherchant à filer à l'anglaise pour se marier au nez et à la barbe du père de Julie. Si de Pourceaugnac est le dindon de la farce, ce pauvre Oronte en tient une belle couche lui aussi là où les servantes apparaissent au contraire comme fortes et rusées.

Le rire est gras. Molière n'hésitera pas à humilier publiquement ce pauvre de Pourceaugnac en lui imposant par les médecins des lavements et des piqûres. Il le travestira en femme, le forçant sur scène à se pavaner avec son accoutrement. A l'époque, pour le spectateur, avec le jeu des acteurs, la musique, les chants et les danses, ce devait être un régal.

De la part de Molière, je n'ai pas été surpris de retrouver une satire de la médecine de l'époque tenant plus du charlatanisme que de la médecine avec leur jargon obscur, leurs diagnostics sans fin et leurs remèdes semblable à de la poudre de perlimpinpin.

Plus que la médecine, les nobles ou les figures de l'autorité tous tournés en dérision, le grand vainqueur c'est bel et bien l'amour.