L'Eté circulaire de Marion Brunet

L'Eté circulaire de Marion Brunet

Catégorie(s) : Littérature => Francophone

Critiqué par Alma, le 13 août 2018 (Inscrite le 22 novembre 2006, - ans)
La note : 7 étoiles
Moyenne des notes : 7 étoiles (basée sur 2 avis)
Cote pondérée : 5 étoiles (34 886ème position).
Visites : 795 

Un été circulaire, un été meurtrier

Deux soeurs, Céline et Jo, adolescentes délurées d'un milieu modeste. Les sorties avec les copains,les flirts, l'insouciance jusqu'à ce que la belle Céline se découvre enceinte à 16 ans.
Bien sûr, c'était arrivé à sa mère, au même âge mais celle-ci avait épousé le père de l'enfant, or Céline se refuse à livrer le nom du géniteur. Son père a des soupçons et rumine sa vengeance .

Au travers du récit du quotidien de la famille et des proches, l'auteure brosse le portrait d'adolescents d'aujourd'hui, pris entre rébellion et résignation, violence et tendresse, rêve et désillusion.
Chronique familiale des gens modestes, le roman montre aussi le choc des cultures dans un village provençal. Deux populations y cohabitent mais s'ignorent ; celle des vacanciers dans leurs villas luxueuses et celle des gens du coin dans leur petit lotissement. Il y a aussi ceux qui viennent d'ailleurs......

D'une écriture tranchante et qui restitue sans fioritures la violence des échanges, ce roman sans complaisance vire parfois au thriller. Il traduit bien la difficulté d'échapper à un univers social clos auquel les espoirs viennent se heurter.

Un été circulaire, un été meurtrier .

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Sous le Soleil

7 étoiles

Critique de Fanou03 (*, Inscrit le 13 mars 2011, 44 ans) - 18 mars 2019

La langue nerveuse de Marion Brunet claque comme les gifles que la vie est capable de nous donner, violentes, imprévisibles. Et j’ai beaucoup apprécié cette énergie dégagée par le roman. Le chapitre d’ouverture est à ce titre remarquable, il faut le dire, et donne le ton, d’entrée. Il nous fait rentrer directement dans le cœur du sujet, dans cette France d’en bas, cette France périphérique mal-aimée, qui rêve de jours meilleurs, sous d’autres cieux que les triste banlieues de Cavaillon. La tension accumulée dans la chaleur caniculaire de l’été provençale explose dans certains passages intenses, ou très durs, dans la violence des rapports humains. De courts chapitres rythment le récit, imposent le tempo, décrivent l’ennui, les petits trafics, les échappées belles aussi.

Car, et c’est sans doute ce qui est le plus troublant, tout n’est pas complètement noir dans cet été circulaire. Johanna et Céline, les deux sœurs de la famille Gomez, sont des personnages paumés mais solaires, qui montrent une rage de vivre encore intacte, une fraîcheur et une spontanéité touchantes. Les fêlures des autres protagonistes, leurs mobiles, même les plus détestables, font ressortir leur côté profondément humain. Même écornées par le temps et les évènements, on évoque aussi largement dans le livre l'amitié et la solidarité familiale.

Et c’est ainsi que dans un tour de passe-passe narratif qui rétrospectivement fait froid dans le dos, le point d’orgue dramatique du récit finalement ne change rien à l’histoire. Indifférence et fatalité font que tout va recommencer, (presque) comme avant, chacun enfouissant ses secrets, tout au fond de son cœur, pour le meilleur et pour le pire.

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