Le dragon, les tigres, le chien suivi de Hors du jardin dévasté
de Pa Kin

critiqué par Henri Cachia, le 25 juillet 2018
(LILLE - 58 ans)


La note:  étoiles
Anarchie et poésie...
Ba Jin, issu d'une famille de hauts fonctionnaires et de riches propriétaires terriens, il se retrouve dès l'âge de 13 ans orphelin de père et de mère et confié à l'éducation traditionnelle chinoise, qu'il ne goûte guère.
Il lui préfère la littérature et s'intéresse très vite à l'anarchisme qu'il découvrira dans quelques revues. Dès l'âge de 17 ans, son premier article sur l'égalité et la fraternité paraîtra dans un petit magazine.
Toute sa vie, il sera obsédé par ces deux notions, qui transparaîtront tout au long de sa carrière d'écrivain prolifique, sans pour autant se priver de poésie et de son lien avec tout ce qui l'entoure. Les rêves occupent une place de choix dans ces deux miscellanées (courts récits parfois en forme de nouvelles, parfois en forme de contes).
Ba Jin épanche son cœur avec sensibilité et fraicheur.
A noter que c'est sous l'occupation japonaise qu'il rédige ces textes (1941-1942).

Extrait :

... « … Tous nous disons que tu es ivre et toi, tu dis que tu ne l'es pas. En réalité, n'es-tu pas plus sincère, plus franc et plus lucide lorsque tu as bu que lorsque tu es à jeun ? N'est-ce pas lorsque tu es ivre que tu manifeste le mieux ton naturel charmant ?
Les personnes taciturnes peuvent facilement se tenir à l'écart de leurs amis ; tandis qu'on se sent proche de quelqu'un qui parle avec chaleur et qui se confie. L'enthousiasme est attirant. Le vin échauffe un peu ton ardeur et ton enthousiasme nous réchauffe le cœur.
L'alcool n'a pas troublé ton caractère, ni émoussé ton tempérament. L'alcool agit comme un coup de lumière sur ton corps et sur ton caractère. Bien loin de te troubler l'esprit, l'ivresse aiguise ta vivacité.
Ici, les nuits pluvieuses de la fin de l'été ont tendance à me démoraliser. Comme j'aimerais voir ton visage éclairé par l'ivresse et entendre tes discours enflammés !... »...


... « … Ces fragments tout juste présentables sont tous traversés par la même foi : l'objectif pour lequel lutte tout un peuple, la victoire finale de la justice. C'est pourquoi j'ai voulu les offrir au lecteur. »
L'auteur, février 1942.