Un oursin dans le caviar
de Philippe Bouvard

critiqué par Catinus, le 25 février 2018
(Liège - 67 ans)


La note:  étoiles
Jets de vitriol
Ce livre date de 1973. Philippe Bouvard évoque ses bons – et moins bons – moment passés dans la presse écrite ( le « Figaro » entre autres), parlée (RTL) et télévisée (TF1). Il s’attarde sur ses rencontres multiples avec les « stars » d’antan : Pierre Lazareff, Georges Simenon, Maurice Chevalier, Charles Aznavour, Fernandel, Alain Delon etc.etc. ( tous ne sont pas d’un intérêt premier ; mais l’on sait que tous les goûts sont dans la nature).

Si un des défauts de Philippe Bouvard est sa méchanceté légendaire, une de ses qualités est l’humilité. On appréciera – et on apprécie encore ! - sa plume, sa verve dans « des milliers de feuillets bien souvent mêlés de vitriol à l’encre d’imprimerie ».

Comme on dit : « un-grand-monsieur » (malgré sa petite taille) !

Extraits :

* Je poursuivais mes études, mais ayant de plus en plus de mal à les rattraper. Tout cela était trop sérieux, trop rigide, trop scolaire.

* Un reporter racontait que c’était lui qui, se rendant au domicile personnel des Coty, était allé porter la nouvelle à celle qui devenait à partir de cette minute la première dame de France.
« Votre mari vient d’être élu président de la République, qu’allez-vous faire ? »
La réponse était venue tout de suite, mi-sérieuse, mi-enjouée :
« Je vais lui faire une tarte ! »

* ( de Georges Pompidou ) « La bombe atomique a suscité des problèmes moraux nouveaux. Avant elle, personne ne se posait de questions pour savoir si l’on pouvait ou non ouvrir un ventre humain à l’aide d’une baïonnette. »

* ( à propos de Simenon) Comme toutes les belles mécaniques humaines, Simenon est un peu inhumain. Comme tous les créateurs, il est parfaitement égocentrique et ne considère le monde autour de lui que comme le principal matériau de son œuvre.

* ( à propos de Dieu) Louis Leprince-Ringuet et Jean Rostand m’ont répondu qu’il y avait autant de chances pour qu’il y ait un Dieu que pour qu’il n’y en ait pas, mais que de toute façon, s’il existait un grand ordinateur de l’univers, ils n’étaient pas du tout certains qu’il nous considère comme ses enfants.