C'est le coeur qui lâche en dernier
de Margaret Atwood

critiqué par Dirlandaise, le 30 septembre 2017
(Québec - 69 ans)


La note:  étoiles
La vie idéale a un prix
Attirée par le titre, j’avais une certaine attente envers ce livre. Quel choc ! Pourtant, j’ai bien aimé le début, ce couple qui doit vivre dans sa voiture après avoir tout perdu : maison, argent, amis, suite à un crash boursier. Je trouvais le sujet intéressant mais voilà que tout cela vire à la foire lorsque le couple se voit proposer une nouvelle vie en signant afin d’adhérer à un projet original : un quartier entier offrant la sécurité à une seule condition soit de partager sa maison la moitié du temps avec un autre couple et passer l’autre moitié du temps en prison afin de procurer du travail à une partie de la population. Autrement dit, la maison leur est offerte gratuitement mais elle ne leur appartient pas de même que tout le reste : meubles, vêtements, literie, équipement électronique etc. Enfin, peu importe car Charmaine et son époux y voient une porte de sortie à leur misère et leur désespoir. Ils flottent donc sur un nuage mais ne tardent pas à découvrir l’envers de la médaille de ce monde soi-disant parfait car il y a un prix à payer…

Ce roman s’inscrit donc dans la catégorie science-fiction à mon grand étonnement. Je dois dire que je ne connaissais pas Margaret Atwood, enfin seulement de nom et il me semble ne rien avoir lu d’elle avant. Je croyais aborder une œuvre d’une toute autre facture et j’en n’en revenais pas de lire cette suite grotesque de chassé-croisé amoureux débiles doublés d’une intrigue pas vraiment géniale ni même un tant soit peu originale. Certains y voient une parodie prémonitoire mais moi je n’y ai vu que vulgarité, superficialité et lorsque les Elvis sont entrés en scène, j’ai atteint le fond. Pourtant, j’ai lu que ce roman était un chef-d’œuvre, je voudrais bien qu’on m’explique car là, je suis larguée ! Toutes ces expressions imbéciles me sont rapidement devenues indigestes et ces personnages de carton pâte m’ont semblés le comble du kitch.

Qu’on m’explique ce que je n’ai pas compris si ce roman est un chef d’œuvre car là, je suis perdue et je suis un peu triste de devoir mettre seulement deux étoiles pour ce roman.
Á la recherche d'une vie meilleure... 6 étoiles

J'ai été embarquée par le style original de l'écrivaine. C'est tranchant et réaliste.
Le côté science fiction m'a beaucoup moins plu. Déçue par la fin. Trop de robots.
L'histoire se tient jusqu'à ce que l'on tombe dans un récit où l'humain est ramené au même plan que des êtres bioniques.
On retrouve dans ce livre plusieurs thèmes dont l'infidélité, l'insécurité, la conjoncture...
Jusqu'où aller pour une vie meilleure ?

Jordanévie - - 48 ans - 28 juin 2023


Les limites d'une dystopie 6 étoiles

Le succès, tout à fait mérité, de La Servante écarlate, vertigineuse dystopie adaptée en série télévisée, a attiré l’attention de nombreux lecteurs, curieux d’aller à la découverte des autres œuvres de la romancière canadienne Margaret Atwood. Celle-ci semble d’ailleurs s’être fait une spécialité des romans de genre dystopique, mais sans parvenir à égaler, à chaque fois, l’excellence de sa fiction la plus célèbre. Des romans comme Le Temps du Déluge ou MaddAddam, romans certes très ambitieux, décrivent des mondes tellement différents du nôtre, au moyen de tout un vocabulaire dont on se demande parfois ce qu’il signifie, que cela en devient presque abscons. L’auteure semble quasiment dépassée par l’ampleur de ce qu’elle cherche à décrire.
Ce défaut est également présent, dans une moindre mesure cependant, dans C’est le cœur qui lâche en dernier. On y découvre les étranges et stupéfiantes destinées de deux personnages, Stan et Charmaine, qui, du fait d’une crise économique ravageant les États-Unis, en sont réduits à vivre dans leur voiture, essayant de se protéger comme ils peuvent de la violence d’une société qui semble n’avoir plus d’autre loi que celle du plus fort. Leur histoire, néanmoins, bascule dans l’inattendu lorsqu’ils découvrent une publicité vantant les bienfaits d’une ville protégée qui porte le nom de Consilience. Stan et Charmaine n’hésitent pas. « Au lieu de croupir dans un condominium désert peu à peu envahi par de la moisissure noire, écrit Margaret Atwood, ou de s’entasser dans une caravane en passant ses nuits à repousser des ados aux regards vides et froids, armés de tessons de bouteilles et prêts à vous faire la peau pour une poignée de mégots, on bénéficie d’un emploi rémunéré, de trois solides repas par jour, d’une pelouse à tondre, d’une haie à tailler, de l’assurance qu’on contribue au bien-être général et d’une chasse d’eau en état de marche. En un mot, ou plutôt en six : UNE VIE DIGNE DE CE NOM. »
Bien évidemment, comme on peut l’imaginer, cette présentation, destinée à attirer les candidats, ne correspond qu’à une petite partie de la réalité de la ville de Consilience. Car, pour y résider, il faut accepter de séjourner, un mois sur deux, dans une prison nommée Positron. Autrement dit, les habitants de Consilience se séparent en deux parties : pendant que les uns profitent des avantages qu’offre la ville, les autres sont en prison, et ainsi de suite, de mois en mois, en alternance. Concrètement, cela signifie que les deux moitiés de résidents ne doivent jamais se rencontrer l’une l’autre.
Telle est la règle. Telle est l’étrange dystopie concoctée par Margaret Atwood, qui prend plaisir à en dévoiler aussitôt les failles. Car, très rapidement, Stan découvre un message qui semble avoir été laissé dans la maison par une « alternante ». A partir de là, tout est envisageable et l’on pourrait imaginer toutes sortes de développements. Margaret Atwood, quant à elle, choisit de se focaliser, peut-on dire, sur deux sujets : d’une part, la supposée élimination des certains des individus de la ville, considérés comme improductifs ou nuisibles ; d’autre part, les appétits sexuels de certains résidents et les solutions imaginées pour y répondre. Sur le premier de ces sujets, le roman propose des pages intéressantes et des surprises, Charmaine se trouvant elle-même confrontée à des dilemmes moraux qui ne peuvent laisser de marbre. Mais, sur le deuxième de ces sujets, la romancière ne réussit qu’à s’empêtrer dans des histoires de jouets sexuels ressemblant comme deux gouttes d’eau soit à Marilyn Monroe soit à Elvis Prestley. C’est cocasse jusqu’à un certain point, cela devient vite assommant.
En fin de compte, c’est dans les pages ultimes du roman qu’apparaît clairement le vrai sujet du roman. Qu’est-ce qui est préférable ? La liberté ou la sécurité ? Et quand on est programmé pour aimer, s’agit-il encore d’amour au plein sens du mot ? L’amour vrai ne peut se passer de la liberté d’aimer. Dommage que la romancière n’ait réussi qu’à effleurer ces questions-là !

Poet75 - Paris - 68 ans - 26 mai 2020


Dystopie délirante 5 étoiles

En ces temps, comment passer à côté de Margaret Atwood ? Avec le succès de la série télévisée, son roman « La servante écarlate », pourtant écrit il y a 30 ans, est devenu un véritable phénomène littéraire de cette année. Comme j’essaye d’être toujours à la pointe de l’actualité, je me voyais dans l’obligation de découvrir cette auteure et ce, grâce à sa dernière œuvre de science-fiction.

Avant de débuter ce livre, j’imaginais que Margaret Atwood produisait des dystopies pour adultes, à l’instar de George Orwell et de son 1984. Je pensais qu’elle traitait plus le fond que la forme. Mais c’était une erreur de ma part et c’est pourquoi j’ai été un peu déçu par ma lecture. Même si elle s’attaque à des thèmes d’adultes, le couple, le sexe, la perversion, la mort, elle les traite comme dans un roman pour Young Adult. En effet, rien n’est approfondi, l’essentiel reste en surface. Les personnages ne sont que des acteurs sans émotions. Tout le contexte de cette dystopie, qui aurait mérité d’être affiné pour en appréhender les caractéristiques et pouvoir mieux la condamner, est passé sous silence. Il n’est juste qu’un constat de départ où l’auteure va greffer son aventure. De plus, je n’ai pas vraiment compris l’intérêt de ce concept initial. Pour moi, cette alternance entre prison et liberté n’a pas de légitimité économique ou sociale et annihile dès le début la crédibilité du propos. Ce qui confirme qu’il n’y a aucun engagement idéologique et que la seule ambition de ce roman est de divertir.

Finalement, une fois ma désillusion mise de côté, j’ai pu profiter un peu plus de cette histoire plutôt délirante. L’écriture est agréable et on assiste à plein de scènes loufoques complètement décalées, qui permettent d’aborder des sujets sans jamais se prendre au sérieux et même parfois avec humour. C’est un récit d’anticipation qui n'a donc ni fondement ni message. Vous passerez peut-être un bon moment avec ce livre si vous ne faites pas comme moi et que vous l’abordez comme un simple divertissement farfelu et superficiel. Pour ma part, je suis resté de bois.

Killing79 - Chamalieres - 44 ans - 28 décembre 2017