Histoire de l'infini : Le Problème de l'infini dans la pensée occidentale jusqu'à Kant
de Jonas Cohn, Jean Seidengart

critiqué par Colen8, le 22 juillet 2017
( - 82 ans)


La note:  étoiles
Contributions à la théorie de la connaissance
La grande surprise dans cette histoire d’environ vingt siècles est de retrouver les cosmologies les plus récentes dans les tout premiers écrits des philosophes grecs, Anaximandre, puis Zénon, à savoir la conception d’univers multiples parallèles pour les uns, d’univers qui se succèdent pour les autres. Publié en Allemagne en 1896, cet ouvrage qui se voulait préparatoire à une étude plus approfondie n’a été traduit et édité en France qu’en 1994, un siècle plus tard. Les questions de l’infini, de la continuité ou non de l’espace et du temps, de l’éternité, n’ont cessé de féconder l’histoire de la philosophie, d’alimenter la pensée mystique, de contribuer à la genèse des idées. Les sciences contemporaines, la Relativité générale, la mécanique quantique, les états simultanés d’onde et de particule ont encore leur part dans un tel questionnement. Une présentation détaillée faite par le traducteur, lui-même philosophe enseignant universitaire en résume parfaitement le contenu, en même temps qu’elle souligne certains passages traités trop sommairement, des auteurs éludés arbitrairement malgré une contribution positive de leur part à la question de l’infini. Si l’on devait ne retenir que les plus influents des dizaines et des dizaines de penseurs analysés dans cette longue histoire avant Kant lui-même et les Lumières, ce seraient Aristote, le Cardinal Nicolas de Cues vu comme précurseur de l’ère moderne et Leibniz à qui l’on doit la formalisation du calcul différentiel. Aujourd’hui ne l’oublions pas, la pensée indienne sur l’infini, encore inconnue en Occident lors de la parution de l’ouvrage, est celle qui a peut-être le plus influencé les philosophes et mathématiciens grecs de l’Antiquité.