La France pour la vie
de Nicolas Sarkozy

critiqué par Bernard2, le 17 février 2016
(DAX - 72 ans)


La note:  étoiles
La France... Quelle France ?
Nicolas Sarkozy qui se confie... et qui reconnaît ses erreurs ! Pouvait-on y croire ? Évidemment non, et il faudrait être bien naïf ou amnésique pour espérer y voir un homme transformé.
On a droit à quelques confidences, mais surtout à des maximes, des lieux communs, des phrases toutes faites qui enfoncent des portes ouvertes. Quelques exemples, mais on peut en trouver bien d'autres :
« Peut-être qu’au fond j’ai aimé cette forme d’adversité et de solitude. La difficulté m’a toujours stimulé. Elle m’oblige à donner ma pleine mesure. Plus la vague est haute, plus je me déploie. »
Ou encore :
« Je crois que si j’aime la politique, c’est parce qu’elle est la quintessence de la vie. Et j’aime tant la vie ! Cela peut sembler ridicule, mais j’ai gardé l’enthousiasme de ma jeunesse parfaitement intact. Enthousiaste, j’étais. Enthousiaste, je reste. »
Bien sûr, la tentation était trop belle pour ne pas glisser quelques règlements de compte, tout en écrivant que ce n'en sont pas.
Quitte à vivre dans le déni, l'oubli du passé, et entretenir une mégalomanie décidément incurable, Nicolas Sarkozy va même jusqu'à nous dire qu'il aime rencontrer les Français et les écouter ! On a vu pendant cinq ans comment cela se manifestait. Ou alors on parle d'une certaine catégorie de Français soigneusement triés sur le volet.
Bien peu d'explications sur la montée du chômage pendant tout son quinquennat. Cela ne semble pas être un sujet essentiel. Curieuse façon d'être à l'écoute des « Français moyens ». D'ailleurs, les solutions préconisées, vers la fin du livre, en disent long sur la façon d'aborder ce problème crucial : réduire les prestations plutôt que de s'interroger sur les raisons de l'effondrement de nos entreprises. L'échec cuisant et l'extrême médiocrité de son successeur ne sauraient servir d'excuse, surtout lorsqu'on sait que son élection n'est due qu'à l'incapacité dont a fait preuve Nicolas Sarkozy à convaincre qu'il était l'homme de la situation. Les enseignements de la défaite n'ont pas été tirés, malgré ce que ce livre voudrait nous faire croire.
Trop c'est trop, et ce livre en forme de confession n'a rien qui puisse convaincre, sauf celles et ceux qui sont déjà convaincus. Je respecte leur opinion, mais on aura compris que je n'en fais pas partie.