Le chien à la jambe de bois
de William Irish

critiqué par Darius, le 15 juin 2015
(Bruxelles - - ans)


La note:  étoiles
Nouvelles policières
J’ai découvert ce recueil de nouvelles policières par hasard, un livre devant une porte sur laquelle il était écrit « servez-vous ».
Je l’ai pris car la 4ème de couverture indiquait « sans vouloir aucunement rivaliser avec Stendhal, c’est de l’Amour que traite William Irish dans ce recueil de nouvelles…. » Cela m’a induite en erreur, mais je n’ai pas regretté une seconde car je l’ai lu d’une traite.

William Irish sait s’y prendre pour faire durer le suspense. Dès le départ, un drame va se jouer et il fait durer l’attente jusqu’au bout.

La première histoire s’intitule « le chien à la jambe de bois ». Dick, un chien d’aveugle dévoué et son maître, un vieil homme nommé Marty, sont enrôlés dans une histoire de trafiquants de drogue, à leur insu. Ce qui est magnifique dans cette nouvelle c’est la manière dont l’auteur décrit toutes les sensations de l’aveugle et sa manière d’appréhender les bruits. Son ouïe est encore plus développée que celle des chiens. Sans rien voir, il parvient à détecter, dans une rue bruyante, les pas de l’homme qui le suit, sa taille, sa manière de se déplacer. Un grand moment ! Par contre, son dénouement me semble plus incohérent.

La seconde, s’intitule « trop beau pour mourir » et nous décrit le dernier jour d’une femme qui a décidé de se suicider. Une rencontre fortuite lors du vol de son sac à main lui fera changer d’avis, mais l’histoire se terminera mal.

La 3ème nouvelle qui s’intitule « la femme du joueur » nous conte l’histoire d’un homme qui joue au poker au gré de ses pérégrinations, à travers les Etats-Unis. Hélas, il perd sa mise et confectionne un chèque en bois que sa femme tente de récupérer auprès du créancier. Là aussi, la mort est au bout du chemin, mais l’auteur nous décrit parfaitement l’univers des joueurs du poker ; dès le départ, on sent qu’un drame se prépare.

Dans la 4ème histoire, intitulée « Falsifications » il s’agit d’un jeune homme qui débarque à San Francisco pour occuper son premier emploi et qui se retrouve embarqué dès le premier jour dans un de ces bars clandestins qui fleurissent au temps de la prohibition. Nous sommes en 1929. Ce jeune homme croit draguer une fille à qui il fait une œillade, mais à cause de son inexpérience des grandes villes, il ne comprend pas l’acquiescement soudain de la fille ce qui le mènera dans une sale histoire.

La 5ème nouvelle intitulée « un cadavre sur les bras » est la plus surprenante et la mieux aboutie. Tout est plausible et le déroulement du suspense nous prend à la gorge. Beau retournement de situation dans une fin que personne ne peut soupçonner.