Dans le jardin de l'ogre
de Leïla Slimani

critiqué par Hervé28, le 20 septembre 2014
(Chartres - 51 ans)


La note:  étoiles
Sexe, mensonge etc.
Cette rentrée littéraire 2014 est marquée par de très beaux portraits de femmes. Après Bénédicte Ombredanne , de "L'amour er les forêts" d'Eric Reinhardt, voici Adèle Robinson, journaliste, mère d'un enfant, mariée à Richard et surtout une dingue de sexe, qui multiplie les aventures, les coups d'un soir voire d'une heure, et donc les mensonges à son mari.

Le thème abordé ici aurait pu amener l'auteur, Leïla Slimani, dont c'est le premier roman, à un roman érotique voire plus sulfureux, mais non, l'auteur opte pour, curieusement, le roman d'amour. Nous sommes loin de "la vie sexuelle de Catherine M", mais plutôt dans la description d'une vie bourgeoise, d'une femme absorbée par ses fantasmes face à un mari complètement aveugle, ou aveuglé par son amour quasi platonique pour sa femme (d'où les escapades de celles-ci).
"Un homme qui va de femme en femme , on appelle cela un Don Juan, et quand c'est une femme, on appelle ça, tu sais comment?" fredonnait un célèbre chanteur.
Leïla Slimani a pris le parti justement de ne pas juger son héroïne.
On peut comprendre ou détester Adèle, avoir de la compassion pour Richard ou alors du mépris en raison de son caractère égoïste mais les personnages ne laissent pas indifférents.
Avec un final surprenant mais touchant, ce roman qui se lit assez vite (de très courts chapitres, des scènes qui défilent comme au cinéma) m'a vraiment ému.

Une très belle surprise pour cette rentrée littéraire 2014.
J'en conseille la lecture.
La triste histoire d’une nymphomane 9 étoiles

C’est parce que « Une chanson douce » n’était pas immédiatement disponible que j’ai voulu m’imprégner du style et découvrir l'écriture de Leïla Slimani. Je ne regrette rien et si le prix Goncourt est aussi bien que ce livre, il n’y a priori pas d’usurpation.

Je suis donc parfaitement d’accord avec la critique principale d’Hervé28 sur ce roman fluide et équilibré. L’écriture est d’une grande justesse et elle donne une formidable impression de vécu malgré l’attitude extrême de l’héroïne.

Le sujet sur la double vie d'une femme atteinte d'une addiction au sexe est certes assez vendeur, mais l’auteur traite sa prose de manière telle qu’on est scotché par une écriture d’une grande efficacité et on oublie le côté troublant et choquant du récit.

Il y a aussi une forme de pudeur extrême face au comportement de l’héroïne qui n’est à aucun moment jugée ni par l’auteur, ni d’ailleurs par les autres personnages du roman.

Leïla Slimani semble réellement être un auteur prometteur.

Pacmann - Tamise - 56 ans - 6 décembre 2016