Le Tangram magique, tome 1: L'énigme des pivoines
de Florence Lamy

critiqué par JulesRomans, le 30 août 2014
(Nantes - 66 ans)


La note:  étoiles
Le tangram se dit 七巧板 soit "sept pièces ingénieuses" en chinois
En chinois, le chiffre 9 (九, jiǔ) a la même prononciation en chinois que le mot " longtemps " (久, jiǔ). Le double neuf (neuvième jour de la neuvième lune) est une fête liée au désir de longévité et chrysanthèmes ainsi que vin lui sont associés, comme de poème de la Chine classique nous le rappelle :

« Le neuf

Le neuf est la fête du Double Yang
J’ouvre la porte, les chrysanthèmes sont en fleurs
Je suis étonné de recevoir du vin,
Et quelle est cette famille T’ao, la donatrice? »

WANG PO (Wang Tseu-ngan)

En fait on a aussi coutume de manger des gâteaux cuits à la vapeur contenant des châtaignes, des pignons de pin et autres graines et fruits secs. Le mot " gâteau " (糕, gāo) et le mot " haut " (高, gāo) sont produits par la même syllabe en chinois ; et il y a là l’idée d’avancer et de devenir de plus en plus heureux.

Il est donc intéressant que l’action du "Tangram magique" démarre ce jour-là, puisque l’héroïne a été trouvée juste dix ans auparavant et qu’elle espère un jour revoir encore en vie ses parents ou au moins sa mère dont il lui semble garder le vague souvenir d’un visage aperçu lorsqu’elle avait environ six mois pour la dernière fois.

Le récit démarre à Hangzhou dans le Zhejiang (non loin d’une Shanghai qui n’est qu’un hameau de pêcheurs à l’époque), on est vraisemblablement à une période légèrement antérieure à celle où la ville fut capitale de la Chine (de 1127 à 1279), donc peu avant la période où les historiens considèrent qu’elle fut la cité la plus peuplée du monde. Le Lac de l'ouest, aujourd’hui à l’intérieur de la ville, a une circonférence de quinze kilomètres de nos jours.

L’héroïne Li-Na y relâche des tortues qui sont censées porter chance à celui qui vient de les acquérir auprès d’elle. C’est un juge qui l’a confiée à Grand-mère Dong le jour du double neuf. Au début de cette histoire, elle se voit offrir par l’apothicaire de son quartier un tangram (sorte de puzzle) magique. En construisant une forme en rapport avec le sujet qui la préoccupe, elle peut découvrir quelques temps après une autre figure réalisée par une main invisible qui lui donne un indice pour résoudre le problème qui la préoccupe.

Cependant elle ne pourrait réussir dans les différentes étapes pour réaliser sa tâche si elle n’était aidé par Cheng un jeune Chinois (de douze ans vraisemblablement) vendeur de thé dans la ville de Hangzhou. Sa première enquête (il y en aura une nouvelle pour chaque tome de la série à venir) est de retrouver le tableau représentant des pivoines qui a été volé chez une de ses voisines.

Comme elle réussit là, elle songe que le tangram pourrait un jour l’aider à retrouver au moins sa mère. Quelques notes expliquent le sens de réalités propres à la culture chinoise classique. Si au cours du récit les formes que prend le tangram sont représentés de façon compacte, à la fin de l’ouvrage ces mêmes sont dessinées avec les conteurs de chacune des sept pièces qui ont permis la réalisation d’une œuvre. Ce sont, parmi les douze, entre autres : un chat, un cygne, un lapin debout, un cavalier, un bateau, un personnage en prière… Un tangram métallique de 8,5 cm de côté (les morceaux réunis forment un carré) est offert avec l’ouvrage, ce qui est une très bonne initiative.

Voilà un roman historique qui par son contenu textuel, que ses illustrations (une vingtaine en noir et blanc, sans compter les tangrams) permet une bonne approche de la culture chinoise avec une motivation pour rechercher sur internet où dans un livre sur les arts chinois, ce qu’est vraiment une peinture Mogu.