Le jardinier de l'Eden, conte de sagesse à propos de ce qui ne peut mourir
de Clarissa Pinkola Estés

critiqué par Darius, le 4 septembre 2003
(Bruxelles - - ans)


La note:  étoiles
Auprès de mon arbre, je vivais heureux
Nos vies sont faites d’histoires: histoires qui nous sont racontées, histoires qui nous arrivent, histoires d'amour ou de trahisons, histoires de nos explorations et aventures. En créant des histoires, nous nous créons et nous recréons, essayant de comprendre nos expériences et de trouver notre place dans le monde des humains. Il est urgent de raconter nos histoires, autant celles qui sont inspirées de la vie ordinaire que celles qui nous viennent des profondeurs de notre âme.
(Source inconnue)
Ce petit préambule pour vous dire que l'auteur a vécu une enfance bercée d’histoires que son oncle d’adoption, Zorvar, hongrois rescapé des camps et émigré aux Etats-Unis ne cessait de lui raconter. A son tour, la petite fille devait, tout au long de ce conte, glisser une petite phrase qui prouvait qu’elle en comprenait, pour en connaître la suite. C’était devenu un jeu dans la famille.
Par ce conte qui nous est transmis, l’auteure veut nous faire prendre conscience qu’il ne faut jamais perdre espoir, que sous le champ désert, gît l'Eden (sous les pavés, la plage…), que la semence nouvelle va d’abord aux endroits vides et ouverts, même si cet endroit ouvert est un cÏur qui souffre, un cerveau torturé ou un esprit épuisé.
Plus concrètement, elle nous communique ce que son oncle a tenté de lui transmettre : utiliser chaque lopin de terre comme une invite pour y laisser pousser arbres et herbes folles, dont les graines arrivent au gré du vent, au gré des libellules, des rouge-gorge ou des colombes. « Que vous ayez un simple petit carré ou des champs à perte de vue, si vous plantez directement, faites-le en cajolant la terre, ne ramenez que de petites quantités, tapotez-la gentiment. Agissez en douceur et à l'économie… » Sentez la terre, sentez le sol sous vos pieds.. A ce sujet, son oncle Zovar était chaussé de « bocskorok », des chaussures faites main dont les minces semelles, de peau tannée étaient cousues à un dessus tricoté, de façon à « sentir le sol sur lequel on marche ».
« Où est le jardin d'Eden se demandent certains ? Mais il est partout où nous nous trouvons sur cette Terre ! Nous sommes en plein milieu de l'Eden. Sous les voies ferrées et les autoroutes, sous son revêtement fatigué et ses détritus, la terre entière est le jardin de Dieu, aussi neuf qu’au premier jour... Partout où le sol est épuisé, maltraité ou laissé en friche, il y a l'Eden par en dessous. » Et je terminerai par cette phrase prononcée par cet oncle Zovar, amoureux de la nature grâce à laquelle il a survécu à l'horreur des camps « Celui qui est pauvre et n'a point d'arbres est l’être le plus démuni du monde. Celui qui est pauvre et qui a des arbres possède une richesse que l’argent ne pourra jamais procurer »
Manque de finition 6 étoiles

Autant l'histoire est intéressante (une famille qui vit de la nature, on leur rase leurs champs pour faire une autoroute...), autant j'ai été très déçu par la qualité littéraire du texte.
Des phrases à rallonge pour ne rien dire et faire du remplissage . Exemples: "Les trains étaient des machines d'acier noirci et de fer, assemblées par ce qui paraissait être des centaines de roues, grandes et petites, parfaitement façonnées, et par des milliers de rivets". "Il avala une grande quantité de soupe dans un bol en poterie orné d'un oiseau magyar peint', etc, etc.
Dommage que la plume ait été si maladroite - ça me rappelle mes compositions de jeune collégien - car l'histoire aurait mérité un bien meilleure exploitation.

Happy_kangourou - - 46 ans - 9 mai 2008