L'ours : Histoire d'un roi déchu
de Michel Pastoureau

critiqué par Ravenbac, le 24 mars 2019
(Reims - 60 ans)


La note:  étoiles
Un roi déchu
Extrait de la présentation éditeur:
"Michel Pastoureau retrace les différents aspects de la lutte de l’Église contre l’ours pendant près d’un millénaire : massacres de grande ampleur, diabolisation systématique, transformation du fauve redoutable en une bête de cirque, promotion du lion sur le trône animal. Mais l’auteur ne s’arrête pas à la fin du Moyen Âge. Inscrivant l’histoire culturelle de l’ours dans la longue durée, il tente de cerner ce qui, jusqu’à nos jours, a survécu de son ancienne dignité royale.
Le livre se termine ainsi par l’étonnante histoire de l'ours en peluche, dernier écho d’une relation passionnelle venue du fond des âges."
Un roi puissant rejeté pour sa violence 8 étoiles

Dans la symbolique occidentale et la hiératique qui s'en est ensuivi, l'ours a représenté jusqu'à la fin du 12e siècle, le roi des animaux, du fait de sa puissance, de sa majesté, de sa morphologie toute en muscles, comme de sa familiarité : il pouvait être assez fréquemment fréquenté, comme craint, pour les mêmes raisons.
Puis le regard a changé le concernant : la violence après le pas sur la puissance, la capacité de blesser, d'enlever, voire de forcer les jeunes femmes. L'Eglise en a fait une sorte de suppôt de Satan. Si le singe ne pouvait pas le remplacer, malgré sa proximité avec l'homme, en raison de sa folie présumée, l'aigle, le taureau et le lion ont fini par détrôner l'ours.
Cet ouvrage dense, assez long, richement documenté par cet éminent historien qui nous avait habitué à ses études relatives aux couleurs, nous explique l'intérêt d'une question méconnue, à l'intérêt insoupçonné. Comme pour les couleurs, le bestiaire de la symbolique occidentale permet de réfléchir au sens de nos représentations, ce qui s'avère lourd de sens. Voilà une lecture intéressante.

Veneziano - Paris - 48 ans - 8 janvier 2026