Les baltringues
de Ludovic Roubaudi

critiqué par Béatrice, le 1 mai 2003
(Paris - - ans)


La note:  étoiles
Le clown blanc sous les projecteurs et les baltringues noirs de poussière
Les baltringues ? Ce sont ceux qui, au cirque, montent les chapiteaux et les gradins. On découvre une tribu de baltringues sous un chapiteau de banlieue. Ils sont
payés 200 balles par jour, dorment dans une caravane, se lavent au bain public et se réchauffent au pinard acheté en brique. « Gévéor, le vin qui tient chaud au corps surtout quand il est chaud ! ». Losers nés ou peut-être victimes de concours de circonstances, ces marginaux ne croient plus en grand-chose ; et pourtant, il ne leur faut pas non plus grand-chose pour repartir au quart de tour : le jour où Chaipas, le chien surdoué, croise leur chemin, ils décident de monter leur cirque à eux.
Les moments de complicité, les combines douteuses, la fragilité des instants de bonheur et le ton gouailleur rappellent l’univers de Vincent Ravalec, mais sans atteindre la véhémence de Ravalec. L'émotion, la chaleur, la magie du cirque rappellent La Strada de Fellini, même si on ne retrouve pas de personnage de la taille de Zampano. Ca vaut le détour, le chapiteau de Balard.