La Plage
de Alex Garland

critiqué par Nance, le 29 août 2013
( - - ans)


La note:  étoiles
L'utopie n'existe pas
« - Je veux faire quelque chose d’original, mais tout le monde veut faire quelque chose d’original. Et on se retrouve tous à faire la même chose. Il n’y a pas de... je ne sais pas...
- D’aventure. »

De jeunes routards modernes en quête de sensations nouvelles cherchent l’Eden, l’aventure et les événements les mèneront sur une île, où une petite communauté vit en communion avec la nature. Mais tout ne se passera pas comme ils avaient imaginé...

C’est un livre qui a plusieurs critiques sur la nature humain, son côté individualiste, le socialisme, la contre-culture, l’idéologique hipster / hippie / bohème... On dit que c’est Sa Majesté des Mouches de la Génération Nintendo, enfin, un peu, surtout pour sa finale.

J’ai entendu parler du livre grâce à son adaptation cinématographique en 2000 par Danny Boyle avec Leonardo DiCaprio, Virginie Ledoyen et Tilda Swinton. Un film d’aventure moyen et prévisible, mais avec de la bonne musique et une atmosphère chaude agréable. Le film est plus centré dans l’histoire et on a aussi enlevé les trucs que je trouve irritants dans le bouquin.

C’est un livre qui se lit facilement, avec une bonne intrigue, des réflexions et puis j’aime toujours le thème de l’île. Un bon moment de lecture.
"la plage est à tout le monde !!" 7 étoiles

et la Terre aussi. N'en déplaise à ces morues de garde et aux nombreux ploutocrates à cartes (sans oublier leurs roitelets divers et variés) qui pense que le monde entier leur appartient: et non à l'étranger qui vient les visiter... Sauf que parfois celui-ci prend les aspects d'un dieu antique, entraînant à sa suite perte et désespoir du fait de ce tragique refus ! La nature humaine présente beaucoup de point inconnus et malgré tous ces psychologues spéciaux de haut-rang, il est fréquent que les choses ne se passent pas ainsi qu'on l'avait prévu. Et qu'elles prennent ensuite un sentier totalement autre qu'on souhaitait à la base.

Ce qui se passe d'ailleurs le long des chapitres de ce petit roman qui prend des allures de chef d'oeuvre et tente souvent de rouler les épaules ainsi qu'Apollon, le redouté deus chasseur de l'Olympe. A de multiples passages on plaint ces bobos-hippies qui veulent vivre sagement en groupe tout comme au temps ancien et qui finissent pour la plupart très mal, pétards à la bouche - faute de vraie sagesse justement et à cause de petits chefaillons trop considérés. Mêmes les couples biens assortis.

Là est en fait la morale de l'histoire d'Alex Garland, également pimentée je dirais d'une pointe de racisme et de conservatisme so british: ce Khyber Pass malais étant donc leur corridor de Danzig à eux, ô scandale.... Bref, restons chez nous et attention au dauphin surgissant là-bas au bord de la côte, c'est peut-être... je ne sais pas quoi.

Ca peut ou pas ne pas plaire à tout le monde mais il n'empêche que le livre, plaisant à lire en dépit d'un ton confus de temps en temps, est moins aseptisé que le film. Quelques-uns apprecieront cependant modérément la conclusion à la façon de Conrad et le ton global plutôt conforme. Ich bin ein beacher !

Antihuman - Paris - 41 ans - 10 mars 2014