Le médianoche amoureux
de Michel Tournier

critiqué par Aaro-Benjamin G., le 8 avril 2013
(Montréal - 55 ans)


La note:  étoiles
L’imagination au service de la fantaisie
La nouvelle principale qui donne son titre à ce recueil met en scène un repas de minuit (médianoche) où un couple annonce à ses invités leur séparation. Ce rassemblement débouche sur un exercice, puisque à la manière du Décaméron de Boccace les convives doivent raconter une histoire sur le même thème du double ou de la répétition.

La prose de Tournier, toujours poétique, d’une précision et d’une clarté admirable est un délice. “ Ce qui nous manquait, dit Nadège, c'était une maison de mots où habiter ensemble. Nos amis nous en ont fourni tous les matériaux. ”

Au fil de ses dix-neuf nouvelles, l’homogénéité du thème s’étiole toutefois. Les liens entre chaque petit texte sont ténus. Le changement de genre drastique contribue également à cette impression d’éparpillé. J’ai remarqué une sorte de regroupement par période. Parfois, l’enfance se pointe pendant quelques titres, puis c’est noël enfin les contes. Certaines idées abordées dans d’autres livres de Tournier, comme celle du jardin d’Éden, sont ici reprises en format compressé.

J’ai surtout apprécié les contes. Celui du duel d’artistes pour plaire au Roi ou celui du duel des cuisiniers. Aussi, la jolie histoire de la création du pain au chocolat. C’est dans ce genre que l’imagination picaresque de l’auteur accouche des textes les plus aboutis dont la conclusion porte à la réflexion.

Un recueil diversifié où chaque lecteur peut y trouver son compte.