A l'image du dragon
de Serge Brussolo

critiqué par Kalie, le 24 janvier 2013
(Sarthe - 54 ans)


La note:  étoiles
Une quête originale et passionnante
Ce roman d’heroic fantasy se situe largement au-dessus de la moyenne du genre. Et pour cause, il est signé Serge Brussolo, auteur singulier s’il en est. Connaissant le bonhomme, il n’est pas étonnant de trouver dans cette histoire de quête une multitude d’idées plus folles les unes que les autres.

L’auteur nous décrit un monde désertique dominé par la chaleur six mois durant puis par la pluie l’autre moitié de l’année. Durant la saison des pluies, le désert se couvre d’une végétation luxuriante en très peu de temps. La pluie sonne le réveil des Dragons (espèce de crocodiles mutants) et des Caméléons (le peuple de la pluie) transformés en pierre pendant leur hibernation afin d’échapper à la chaleur. C’est alors une triste période qui débute pour le peuple du feu (les Hydrophobes). En effet, leurs corps se nourrissent des rayons du soleil. Au contact des gouttes de pluie, les Hydrophobes subissent d’horribles transformations et meurent. Réfugiés dans leurs grottes, ils s‘exposent au moindre éclat de lumière pour éviter de s’alimenter par la bouche comme les êtres immondes qui se nourrissent par le haut et se vident par le bas… Ils sont alors menacés par les dragons qui s’aventurent près des grottes.

Nous suivons l’un des dix jeunes chevaliers Hydrophobes dans son périple à travers le désert avant l’arrivée de la pluie comme le veut la coutume. Notre chevalier est accompagné d’une esclave Hydrovore, un être aux particularités physiques étonnantes (les seins hypertrophiés remplis d’eau comme des outres…). Le but du voyage est d’atteindre les cités des Dragons et des Caméléons, pour l’heure endormis et d’en détruire un maximum. Le problème est qu’il s'avère quasiment impossible de différencier les vraies statues de pierre qui fleurissent dans ces villes des monstres figés en état d'hibernation. Là, l’auteur a imaginé toute une stratégie. L’ouïe de l’esclave Hydrovore et d’anciens explosifs d'origine extraterrestre entrent en action. Ces derniers doivent être utilisés avec parcimonie car ils restent, pour les Hydrophobes, l’unique moyen de détruire l’ennemi. Serge Brussolo s’attarde sur le fonctionnement presque poétique de ces armes... Mais où va-t-il chercher tout cela ?

Le récit est ponctué de flash-back sur la jeunesse de la « femme-éponge » (surnom des Hydrovores à cause de leur rôle auprès des Hydrophobes) et celle de son maître. L’auteur fournit tout au long du roman des informations sur les étonnantes coutumes des deux peuples mais aussi sur leurs ennemis. Au bout de l’aventure, il est question de la perte de la foi, du doute et de la peur de mourir au moment du sacrifice. Au risque de perdre toutes ses certitudes (les méchants ne sont peut-être pas ceux que l’on croit), la curiosité prend le dessus. Le lecteur va de surprise en surprise jusqu’à la fin (le rôle dévolu à chacun au moment crucial, la vérité sur la nature du peuple de la pluie, les dieux-nains et leurs expériences génétiques etc.). Et c'est le début d'un nouvel espoir au bout d'un voyage encore très long...

Voilà un roman court mais intense avec des personnages profonds et intéressants.
Intéressant... 8 étoiles

Un petit roman assez atypique, dans le style héroïque, de Brussolo. Il s'agit d'une sorte de parabole mettant en jeu la guerre, les rivalités entre peuples. On peut aussi y percevoir une réflexion sur l'abandon de Dieu (les Dieux nains qui n'ont pas réussi à construire une race parfait et harmonieuse)...
Rapide, mais intéressant.

Cecezi - Bourg-en-Bresse - 44 ans - 22 août 2017