La Fleur et la Souris
de René Fallet

critiqué par Lecassin, le 28 décembre 2012
(Saint Médard en Jalles - 66 ans)


La note:  étoiles
Une histoire simple...
On connaît tous les deux célèbres veines qui irriguent la plume de René Fallet, tout au moins si on l’écoute commenter lui-même son œuvre : une veine du Beaujolais qui donnera des personnages hauts en couleurs et la deuxième, celle du whisky qui alimentera la mélancolie…
Hors de ce classement revendiqué par l’auteur, trois romans, les trois premiers que d’aucuns n’ont pas hésité à qualifier de « trilogie acide » : « Banlieue sud-est », publié à dix-neuf ans, « La Fleur et la souris » et « Pigalle ».
Dans ce deuxième roman, René Fallet nous entraîne dans une histoire d’amour toute simple… si simple qu’il aura fallu la plume de rené Fallet pour en décrire toutes les subtilités.
« Un couple le long des grilles d’un jardin, la nuit noire de péchés à l’affût, les parents qui attendent, le “Que fais-tu dimanche ?”. » Ah ? ça vous rappelle quelque chose ?
« La fleur et la souris » : quelque chose comme une savante mixture de Brassens et de Doisneau…
Les saisons de l'Amour 6 étoiles

Le narrateur, âgé de vingt ans, nous raconte son histoire d’amour le temps de quelques saisons. Malgré sa méfiance envers elle il s’amourache d’Olympe, « une sale gosse de seize ans, une pucelle épeurée qui jouait au voyou de jupe, à la sirène de barrière ». Pris au piège malgré lui par la jeune fille au cours d’une soirée festive, on suivra la naissance de cette passion et son évolution.

Les émois amoureux, la dépendance, l'attente, la jalousie sont particulièrement bien rendus dans le roman. Le personnage d’Olympe, en Lolita fatale et vénéneuse, rétive à l’amour physique (et d’autant plus attirante), jouant avec les hommes, donne de l’épaisseur au roman. La sensualité, poétique, est très présente, ainsi les cheveux de la jeune fille qui malgré toute sa prévention ne seront pas pour rien dans le déclenchement des sentiments du narrateur pour Olympe.

Pour sa deuxième œuvre René Fallet nous livre là un roman attachant, romantique et cruel sur les délices et les affres de l’Amour, pas si convenu que ça sur la forme en tout cas. Déroulant les péripéties de cette histoire au fil des saisons, je n’ai pas pu m’empêcher de penser à la théorie de la cristallisation et ses « sept périodes de l’amour » que Stendhal avait développé en son temps. Le narrateur passe ainsi par certaines de ces étapes : l’admiration, l’espérance, et le doute, terrible, qui sonne peut-être le début de la fin...

Je précise que le roman est aussi disponible dans le recueil des "Romans acides" au Cherche midi (2013).

Fanou03 - * - 47 ans - 27 octobre 2016