Ils ont vécu sous le nazisme
de Laurence Rees

critiqué par CHALOT, le 10 juillet 2011
(Vaux le Pénil - 76 ans)


La note:  étoiles
Fascinant et documenté
« Ils ont vécu sous le nazisme »
livre de Laurence Ress
Éditions Perrin
avril 2009
425 pages
10 €

Fascinant et documenté.


« Sur le fascisme » de Daniel Guerin est un document fort intéressant puisqu'il explique, entre autres comment des petites gens ont pu se retrouver embrigadés dans un mouvement d'une telle nature sans rien y comprendre.
Laurence Rees dans son œuvre nous fait découvrir le cœur du système, ses rouages et nous ouvre la biographie de très nombreux acteurs de cette époque.
Elle reprend dans le cadre de ce document écrit, dense et documenté la série de documentaires historiques qu'elle a produits pour la BBC.
L'effondrement économique de l'Allemagne et les injustices subies par le peuple allemand à la suite du traité de Versailles expliquent en grande partie l'expansion du mouvement hitlérien « car les gens disaient : « cela ne peut pas durer ainsi ! »
Près de 100 personnes, anciens nazis, anciens militaires ou civils, acteurs à divers titres témoignent en répondant aux questions qui leur sont posées.
Les représentations que nous avions du régime nazi sont modifiées : le système est abominable, criminel, inhumain donc rien de changé de ce côté là. Par contre nous apprenons que de nombreuses pratiques comme l'euthanasie d'enfants handicapés ne procédaient pas du choix démoniaque du « führer » : « elles ne trouvent pas leurs racines uniquement dans l'idéologie nazie, mais dans le chaos qui accompagnait les décisions de l'administration du II ème Reich »...
C'est ainsi que le chef suprême pouvait avaliser une proposition qu'il n'avait pas prévue à l'origine.
Aucun semblant de contrôle n'était possible comme ce fut le cas en Italie avec un conseil fasciste qui renvoya le « Duce » ...Les chefs nazis n'avaient qu'un seul souci : plaire, ce qui les a conduit à la surenchère aux conséquences considérables pour l'Allemagne et le monde.
La partie consacrée à l'offensive nazie en URSS et à la résistance soviétique, prélude à la contre-attaque victorieuse est particulièrement intéressante, elle montre les « similitudes » mais surtout les grandes différences entre les comportements de Saline et d'Hitler.
L'auteure termine en expliquant dans son dernier chapitre pourquoi une partie de la population civile allemande, pourtant exténuée et découragée a continué à croire à la propagande nazie au moment de l'entrée des troupes soviétiques :
«  Le désespoir des habitants de Demmin était tel que des centaines d'entre eux se précipitèrent vers les rivières qui entourent la ville »

Jean-François Chalot