Carrefour des nostalgies
de Antoine Laurain

critiqué par CC.RIDER, le 14 mai 2010
( - 66 ans)


La note:  étoiles
Copains d'avant
François Heurtevent vient de perdre d'une poignée de voix son fauteuil de maire. Ancien assistant parlementaire et ancien député, du jour au lendemain, il n'est plus rien. Son téléphone ne sonne plus, son agenda est vide et il se laisse aller à une sorte de dépression jusqu'au jour où il retrouve une ancienne photo de classe de son année de terminale. Il décide de se lancer à la recherche de ses anciens camarades et les retrouve grâce à l'aide d'un ami, ancien des services de renseignements. Certains ont rencontré le succès, d'autres détestent ce qu'ils font comme son copain devenu antiquaire. Le timide est devenu directeur de leur collège. Le passionné de cinéma s'est révélé comme réalisateur porno et la plus jolie fille de la classe a mené une belle carrière de call-girl. Cette projection dans le passé aidera-t-elle François à reprendre pied dans le présent ?
Un roman sur le temps qui passe et le sens que chacun essaie de donner à sa vie. Une collection de portraits et de souvenirs nostalgiques. La construction semble assez lente au début, mais conserve une logique bien maîtrisée dans une intrigue menée avec maestria en dépit d'un rebondissement final en forme de happy end plutôt controuvé. De petites invraisemblances : Heurtevent est un homme politique sympathique, honnête, non corrompu et plutôt naïf alors qu'il a été formé par un vieux crocodile retors qui n'est d'ailleurs pas celui qu'on croit... La dernière partie du livre offre un dénouement style thriller ou polar à suspens qui détonne avec le reste du texte plus mélancolique. Le style est fluide et très agréable. Antoine Laurain a un vrai talent de conteur et son roman se lit malgré tout avec un réel plaisir.