Envoyez les couleurs
de Donald Westlake

critiqué par CC.RIDER, le 24 février 2010
( - 66 ans)


La note:  étoiles
Black and white
Après avoir passé quelque temps dans la Marine, le jeune Oliver Abbott se retrouve nommé professeur d'anglais à Shuyler Colfax, le collège que dirige son père (et que dirigeait son grand-père avant lui) dans une banlieue « sensible » de New-York. A peine est-il placé devant un auditoire de jeunes blacks et porto-ricains peu attentifs qu'un certain Prescott Wade Sinclair, activiste noir extérieur à l'établissement et beaucoup plus âgé que les élèves, fait irruption dans la classe et décrète la grève des cours. Tout le monde excepté Oliver connaît la cause du litige : la communauté noire reproche à son père son népotisme et souhaite à terme n'avoir que des professeurs de couleur dans les écoles majoritairement fréquentées par des noirs. Oliver se retrouve donc au centre d'un conflit racial qui s'annonce particulièrement dur. Mais il bénéficiera du soutien de Leona, une ravissante prof de sport black, qui fait partie de la frange modérée des contestataires.
Edité en 1969, ce livre vient de reparaître 40 ans plus tard chez Payot classé d'une façon fort abusive dans sa collection « Rivages/Thriller » car de cadavres et de suspens le lecteur point ne trouvera... Mais plutôt une histoire sentimentale et charmante sur les amours contrariés de deux représentants de communautés antagonistes et pourtant unanimes pour rejeter cette union « contre nature ». Si l'intrigue a assez mal vieilli (les mentalités ont bien évolué depuis ce temps) et demeure d'un intérêt très relatif, le contexte, au contraire, est fort intéressant car il révèle une tendance lourde du communautarisme qui semble toujours vraie et peut-être même renforcée de nos jours. Sur ce point, Westlake, auteur inclassable et trop tôt disparu, s'est montré précurseur et même visionnaire.