40 écrivains parlent de la mort de Marcel Bisiaux, Collectif, Catherine Jajolet
Catégorie(s) : Sciences humaines et exactes => SpiritualitĂ©s
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Cette mort qui emporte tout...
Catherine Jajolet et Marcel Bisiaux ont rencontrĂ© et interrogĂ© quarante Ă©crivains sur le thĂšme de la mort. Ils ont demandĂ© Ă ces Ă©crivains de parler de leur expĂ©rience de la mort, de la place quâoccupe la mort dans leur Ćuvre, de lâendroit oĂč ils aimeraient ĂȘtre enterrĂ©s, de leurs diffĂ©rentes croyances au sujet de lâau-delĂ , du suicide, de lâeuthanasie et enfin, de ce quâils feraient sâil ne leur restait que quinze minutes Ă vivre.
En lisant ce livre, jâai rĂ©alisĂ© Ă quel point beaucoup dâĂ©crivains me sont inconnus. Ils sont europĂ©ens pour la plupart et certains sont trĂšs ĂągĂ©s alors que dâautres le sont moins. Je trouve lâidĂ©e excellente et jâai dĂ©couvert des hommes et des femmes vraiment intĂ©ressants, certains sympathiques, dâautres moins mais tous extrĂȘmement concernĂ©s par le sujet. Sauf peut-ĂȘtre Georges Cheimonas, un Ă©crivain dâorigine grecque, neuro-psychiatre qui a une approche de la mort totalement nihiliste car il ne veut rien en savoir et ne lâaccepte tout simplement pas. Il est un de mes prĂ©fĂ©rĂ©s dans le lot mais avant tout, il y a Gabriel Matzneff que je me suis empressĂ©e de lire en prioritĂ© et dont les Ă©crits mâont, comme prĂ©vu, enchantĂ©e. On a demandĂ© Ă chaque Ă©crivain de choisir un tableau ou une photographie qui illustre bien la mort pour eux. Monsieur Matzneff a choisi « La mort de Sardanapal » dâEugĂšne Delacroix. LâĂ©crivain français Francois Coupry a choisi un dessin de lâalbum dâHergĂ© « Les sept boules de cristal » oĂč on peut voir la momie Rascar Capac sur le point dâĂȘtre frappĂ©e par la boule de feu dans le musĂ©e. Jâai trouvĂ© cela trĂšs amusant et original mais il faut dire que le pĂšre de monsieur Coupry est archĂ©ologue. Patrice Delbourg a choisi quant Ă lui une photo dâun match de foot au stade du Heysel en Belgique oĂč il y aurait eu des morts et des blessĂ©s. Certaines photos sont terribles, je pense Ă celle choisie par Nadine Diamant montrant un corps en dĂ©composition. Dâailleurs, cette crainte de la dĂ©composition du corps est revenue souvent dans les tĂ©moignages. Plusieurs ont aussi avancĂ© lâidĂ©e que lâĂ©criture permet dâaccĂ©der Ă lâimmortalitĂ©.
Jâai bien aimĂ© les rĂ©ponses Ă la question Ă savoir ce que chacun ferait pendant leurs derniĂšres quinze minutes. Beaucoup ont exprimĂ© le souhait de se rĂ©fugier dans les bras de leurs proches alors que dâautres ont choisi dâĂ©crire un mot dâadieu. Câest aussi mon choix dâailleurs.
Chaque Ă©crivain a droit Ă quelques pages suivies dâune bibliographie de leur Ćuvre. Le livre date de 1990 alors il faut le replacer dans son contexte. Parmi les Ă©crivains interrogĂ©s, on peut retrouver outre monsieur Matzneff bien sĂ»r dont la photo est tout simplement magnifique, Jacques Chessex, BenoĂźte Groulx, Edmond JabĂšs, Robert Sabatier, Henri Thomas, Jorge Amado, Paul Guimard, Albert Memmi et Maurice Roche.
En fin dâouvrage, on peut retrouver une petite sĂ©lection de volumes sur le thĂšme de la mort. Jâai adorĂ© ce livre malgrĂ© la gravitĂ© du propos. Un ouvrage trĂšs riche humainement et spirituellement qui mâa fait dĂ©couvrir beaucoup de gens de lettres qui mĂ©ritent sans nul doute dâĂȘtre lus et Ă©tudiĂ©s.
« Ăcrire, Câest tenter de survivre. Câest fixer ce qui est fugitif, câest apporter une rĂ©ponse Ă la dĂ©composition, câest sâopposer Ă lâoubli, aux traces qui sâeffacent. Donner un tĂ©moignage de ce qui est et de ce qui a Ă©tĂ©. Vaincre la mort. Quand des textes Ă©crits voilĂ des siĂšcles nous Ă©meuvent, font battre nos cĆurs, Ă nous, hommes et femmes dâaujourdâhui, cela signifie que leurs auteurs ne sont pas morts, quâils ont triomphĂ© de la mort. La rĂ©surrection et lâimmortalitĂ© par lâĆuvre dâart sont dâun autre ordre que celles que nous promettent le Christ et lâĂglise. MalgrĂ© tout, câest une victoire. »
« Jâai beaucoup Ă©crit sur le suicide. Jây ai beaucoup rĂ©flĂ©chi. Si un jour je suis un vieillard malade, atteint dâinfirmitĂ©s sans remĂšde, sans doute me donnerai-je la mort. Câest parce que nous avons la possibilitĂ© de nous suicider que nous sommes libres. Sans le suicide, la vie serait une prison infernale. Le suicide, câest la clef des champs. »
Encore une fois, câest vous Monsieur Matzneff qui avez le dernier mot.
Les éditions
40 écrivains parlent de la mort [Texte imprimé] [textes réunis et présentés par] Marcel Bisiaux, Catherine Jajolet
de Bisiaux, Marcel (Editeur scientifique) Jajolet, Catherine (Editeur scientifique)Les livres liés
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