La Profanation des vagins : Le viol, arme de destruction massive
de Baenga Bolya

critiqué par Veneziano, le 5 janvier 2010
(Paris - 46 ans)


La note:  étoiles
Le viol comme pratique de guerre
Le viol constitue une pratique de guerre très prisée, des représailles transculturelles accompagnées d'un apparent sentiment d'impunité. L'auteur présente une série de monographies internationales, en commençant par la région du monde qu'il connaît le mieux, l'Afrique noire, plus spécialement celle des grands lacs, incluant Rwanda, Burundi et République démocratique du Congo, notamment depuis la guerre civile de 1994, aboutissant au génocide. Cette étude est complétée, en annexe, par une décision du Tribunal pénal international.
Par la suite, les chapitres font sombrement voguer le lecteur vers l'Amérique du sud, l'Irak, l'ex-Yougoslavie, la Tchétchénie, où le schéma général se répète lugubrement, à de quelques sordides spécificités près. Le viol est pris dans son acception la plus large, non seulement la pénétration sexuelle non consentie, mais également l'invagination forcée d'objets, souvent d'armes comme des kalachnikovs ou la contrainte à l'exhibition en public, à des parades impudiques non moins volontaires.

Si l'auteur cite, à l'appui de ces parcelles de documentaires des documents d'organisations internationales, officielles ou non gouvernementales, comme Amnesty International, il est dommage qu'il se contente de descriptions et que ces informations, qui lui servent de base empirique, ne soient pas suivies d'une analyse, d'un état des lieux construit, pour mieux présenter les aspects contemporains du problème, afin d'avancer des pistes de propositions.
Ces données constituent déjà un important travail de recherche, mais il est d'autant plus dommage que cela n'aille pas plus loin car la lecture de ces chapitres est rendue délicate, voire fort amère, par l'étalage de réalités très crues, évidemment parfois difficiles à concevoir. Ames sensibles s'abstenir. Vous comprenez pourquoi j'en suis sorti quelque peu ébranlé, sur le coup, et, à l'analyse, quelque peu mitigé pour les raisons dites plus haut.

Je me permets un conseil pratique aux candidats à cette lecture, celui d'éviter de la pratiquer dans un lieu public, afin d'éviter les regards hagards, et même parfois outrés des passants ou usagers de transports publics.