Le corps du paysage
de Patrick Dubost

critiqué par Sahkti, le 18 décembre 2008
(Genève - 50 ans)


La note:  étoiles
Entre ) et (
Il y a la matière, celle que l'on peut sentir, toucher, voir, ressentir et malmener. Celle qui nous forme et compose également le paysage autour de nous. Que celui-ci soit jardin, chambre ou salon. Qu'il soit objet de contemplation ou d'usage quotidien.
Une matière qui s'esquisse au fil des mots et à laquelle on donne corps, en lui prêtant signification.
Et puis il y a le paysage, qui nous entoure, qui nous façonne et que nous modelons également, de notre côté, à notre image peut-être, à celle d'un idéal qui nous échappe et que nous tentons de retenir, comme:

)de la poussière(
)le sable crisse sous les doigts(

Entre songe et réalité, par un habile jeu de parenthèses ouvertes et fermées, Patrick Dubost crée des tableaux qui s'animent sous les yeux du lecteur.
Paume ouverte en début de phrase, symbolisée par une parenthèse fermée, qui crée le lien avec ce qui précède, avec le passé, avec les fantômes et les non-dits.
Ouverture en fin de parcours, doigts tendus vers un futur à venir ou un inconnu à apprivoiser. Au gré et au creux des mots, jeux d'ouvertures et de fermetures pour esquisser les dénivelés, les reliefs et les accrocs, pour donner vie et rythme à une histoire qui évolue au fil des impressions.
C'est un immense voyage, aux horizons infinis et pourtant bien cadrés, qui se livre là, sur ces pages aux constellations parenthèses. Un périple à entamer en se laissant porter au gré des mots vers un ailleurs inexploré, celui d'un quotidien à réinventer.


Un extrait:
) je me remémore les contours du bassin méditerranéen,
ce soir, avec précision ( ) tracé des côtes
sur la tapisserie ( ) mes songes de navigateur (
) mes anciens périples ( ) un savoir oublié : me guider
avec les étoiles (