Les enquêtes de Mary Lester, tome 27 : Ça ira mieux demain
de Jean Failler

critiqué par Shelton, le 25 mars 2007
(Chalon-sur-Saône - 63 ans)


La note:  étoiles
Mathilde a disparu !!!
Dans les enquêtes policières, généralement, tout commence par un bon vieux crime, souvent avec un cadavre, plus ou mien bien identifié… Mais ce n’est pas obligatoire et la qualité du roman n’est pas liée à la qualité sanguinolente du corps ! La preuve ? Ce roman de jean Failler, le vingt-septième des enquêtes de Mary Lester, capitaine de la police nationale…
En effet, tout commence par une disparition signalée par une mère… presque un mois après les faits… C’est en tous cas ce que le commissaire Mervent dit à Mary en lui confiant ce « dossier extrêmement ennuyeux »…
Mervent n’est le chef de Mary que de façon très temporaire, son habituel chef étant convalescence, le fameux Fabien… Elle va donc devoir faire avec et ce ne sera pas facile car ce dossier est bien complexe. C’est la petite Mathilde – enfin, petite de plus de dix-huit ans quand même ! – qui a disparu pendant que sa mère, la Grande Tristani, comme on l’appelle dans la région, faisait du trekking au Népal. En rentrant, elle ne peut que constater que sa fille a disparu du pensionnat de jeunes filles où elle était, une maison tenue par des « bonnes sœurs », ce qui permet à Jean Failler de nous livrer quelques éléments sur la jeunesse de son héroïne… Le fait d’écrire, maintenant, ses romans à la première personne, en se mettant à la place de Mary, lui ouvre véritablement de bien meilleures possibilités d’aborder la psychologie intime de cette femme de la police nationale…
Cette enquête va permettre à l’auteur de nous faire visiter la région proche de Quimper, cette avancée ultime dans l’Atlantique se terminant par la pointe du Raz. Certains des personnages iront même sur l’île de Sein, mais nous ne les accompagnerons pas, Jean Failler, non plus, il paraît qu’il aurait le mal de mer sur son petit bateau… Enfin, ce ne sont, peut-être, que des ragots… Nous resterons à terre et nous visiterons Audierne, Pont-Croix, la baie des Trépassés et Esquibien… Tout le Cap Sizun y passe et c’est vaste quand on cherche une jeune fille…
C’est un bon roman, avec une intrigue classique mais bien ficelée, même si Mary met du temps à comprendre… Pour un peu, elle abandonnerait tout et irait planter ses choux…
C’est aussi une histoire qui montre que pour proposer un bon roman policier aux lecteurs, on n’est pas obligé de dépeindre des déréglés, vicieux, sadiques ou autres dégénérés… Non, nous sommes en présence de personnages normaux, enfin si tant est qu’il existe une norme humaine, qui ont des métiers assez classiques, chef d’entreprise, pompier, peintre, marin, pécheur, infirmière, musicien… et qui chacun à leur tour se trouvent confrontés à des difficultés, à des choix cruciaux, à des crises caractérielles… Bref, ils vivent tout simplement…
Et Mathilde, alors ? Où est-elle ? Que lui est-il arrivé ? Retrouvera-t-on son corps ? Dans quel état ? Mais, comme chaque fois que nous parlons de romans policiers, ce n’est pas à moi de vous offrir les clefs du roman, c’est à vous de les trouver dans un texte de qualité que je ne peux que vous conseiller… Et on peut même le lire si on n’a pas lu les vingt-six précédents, car chaque roman est une enquête isolée…